Ce dimanche 30 mars 2025, dès les premières lueurs de l’aube, la Place de la Paix, lieu symbolique des grands rassemblements à Bouna, a vibré au rythme de la prière collective de l’Aïd el Fitr à Bouna. Des milliers de fidèles musulmans s’y sont réunis dès 7h30 pour accomplir les deux unités de prière (rakats) qui scellent la fin du mois sacré de Ramadan. Cette prière était avant tout un acte de gratitude envers Allah pour ses innombrables bienfaits.

Le sermon inspirant de l’Imam Cissé Ibrahim à la prière de l’Aïd el Fitr à Bouna
Après avoir dirigé la prière, l’imam Cissé Ibrahim, figure respectée en tant qu’imam central de Bouna et président du Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires Islamiques (COSIM) pour la région du Bounkani, a livré un sermon riche d’enseignements. Son message central fut un appel vibrant à la crainte perpétuelle d’Allah.
Il a rappelé que le Ramadan, avec ses 29 jours de jeûne et de dévotion, est une école de la piété. Durant ce mois béni, les musulmans ont intensifié leurs actes d’adoration : zikrs (invocations), prières surérogatoires, lecture assidue du Saint Coran. Ils ont également multiplié les actes de bonté, manifestant solidarité, générosité et partage. Pour l’imam Cissé Ibrahim, ces valeurs précieuses ne doivent pas s’évanouir avec la fin du jeûne. « Les musulmans doivent être capables de préserver ces valeurs acquises au cours du Ramadan, les mettre en application tout au long de leur vie », a-t-il insisté.
Un appel à la paix et à la cohésion sociale
Au-delà de la sphère spirituelle, le sermon a fortement souligné l’impératif de préserver la paix et la cohésion sociale, qu’il a qualifiées de « gage de tout épanouissement ». Citant une parole du Prophète Mohammad (saw), il a exhorté la communauté à s’unir « comme les doigts d’une main », illustrant la force de l’union. L’imam a précisé que cette cohésion ne devait pas se limiter aux seuls musulmans mais s’étendre à toutes les communautés présentes à Bouna et en Côte d’Ivoire, favorisant ainsi le vivre ensemble et l’acceptation mutuelle malgré les différences.
Vers des élections apaisées
Dans le contexte de la préparation des élections présidentielles prévues en octobre en Côte d’Ivoire, le message de l’imam Cissé Ibrahim a pris une dimension civique particulière. Le président régional du COSIM Bounkani a lancé un appel solennel à des élections apaisées. « Les élections ne doivent pas constituer une source de discorde entre nous », a-t-il déclaré. « Nous devons voter dans le calme et la quiétude puis vaquer à nos occupations quotidiennes. » Il a encouragé à placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des divergences d’opinions, invitant ainsi la communauté musulmane de Bouna à être un modèle de civisme et de paix.

Le message des autorités locales lors de l’Aïd el Fitr à Bouna
Représentant le préfet de région, Monsieur Michel Ziao, secrétaire général 2 de la préfecture, a pris la parole. Il a exhorté la communauté musulmane à prier pour le Président de la République et pour la paix et la cohésion en Côte d’Ivoire. Il a également relayé l’appel à une année électorale paisible, invitant chaque fidèle à devenir un « ambassadeur de la paix ». Monsieur Ziao a transmis les remerciements du Chef de l’État pour l’engagement constant de la communauté musulmane en faveur de la paix, du pardon et de la cohésion sociale.
L’Aïd el Fitr, première des deux grandes fêtes musulmanes, marque la fin du Ramadan (neuvième mois) et le début du mois de Chawal (dixième mois du calendrier Hégirien). Après le sermon poignant et les bénédictions finales, les fidèles ont quitté la Place de la Paix dans une ambiance sereine, leurs cœurs emplis de foi et leurs voix entonnant des chants de louange (baytou), prêts à partager la joie de cette fête en famille et avec leurs proches, tout en gardant à l’esprit les messages de piété et de paix reçus lors de cette célébration de l’Aïd el Fitr à Bouna.
As-Sobour





