C’est au cœur du Bounkani, au foyer polyvalent des jeunes de Bouna, qu’une dynamique essentielle pour l’avenir de la Côte d’Ivoire a pris forme du 10 au 12 juin 2025. Vingt jeunes pairs éducateurs, sélectionnés pour leur engagement et leur connaissance du terrain, ont renforcé leurs capacités lors d’une session intensive. Cette action s’inscrit dans le cadre ambitieux du programme national de plaidoyer en faveur des adolescents et des jeunes, orchestré par le ministère en charge de la Jeunesse avec un soutien technique et financier déterminant de l’UNICEF. L’objectif ? Faire de ces jeunes des acteurs de changement incontournables au sein de leurs communautés.
Lancé il y a environ six ans, ce programme national de plaidoyer vise cette année un impact massif : former plus de 1 500 jeunes à travers tout le pays. Dans la seule région du Bounkani, ce sont entre 500 et 550 adolescents et jeunes qui bénéficieront indirectement de cette formation, grâce au relais assuré par ces vingt ambassadeurs fraîchement outillés.

Plaidoyer, droits et cohésion : le cœur de la formation des Pairs éducateurs
Pendant trois jours, les participants se sont immergés dans des thématiques vitales pour leur mission future :
- Les techniques de plaidoyer efficace pour défendre les droits des jeunes.
- Les droits de l’enfant, fondement essentiel.
- La prise de parole en public, indispensable pour se faire entendre.
- La cohésion sociale et la promotion de la paix, ajout crucial cette année dans le contexte pré-électoral.
« Il était impératif de préparer les jeunes à s’impliquer positivement dans la vie citoyenne, surtout dans cette période sensible« , a souligné M. Emmanuel Niamké, sous-directeur de l’environnement social des jeunes au ministère de la promotion de la jeunesse. Il a ajouté :
L’un de nos objectifs fondamentaux est de promouvoir une participation accrue des jeunes dans les instances de prise de décision au niveau local.
M. Emmanuel Niamké
Déploiement terrain : Le Programme National de Plaidoyer passe à l’action
La formation n’est qu’un début. Dès maintenant, les pairs éducateurs entrent dans une phase opérationnelle cruciale. Leur mission : restituer les connaissances acquises auprès de leurs pairs âgés de 10 à 18 ans. Comment ? À travers des activités communautaires variées : séances de pair-éducation, causeries éducatives, focus groupes (d’une durée de 45 minutes à une heure). Cette campagne de proximité s’étalera sur deux à trois mois et couvrira trois sous-préfectures ainsi que la ville de Bouna.
« Un chronogramme clair sera établi à l’issue de cette formation en concertation avec les coordinateurs régionaux« , a précisé Ali Ouattara, directeur régional en charge de la jeunesse dans le Bounkani. Il a également mis en avant l’origine engagée des participants : issus de mouvements structurés comme les scouts catholiques, les ambassadeurs ou les ambassadeurs de la paix, leur profil garantit une meilleure appropriation du programme sur le terrain.
L’enthousiasme des futurs leaders
L’énergie et la conscience du défi sont palpables chez les jeunes formés. Adigata Ouattara, pair éducatrice venue de Kalamon, témoigne : « Ces trois jours sont très enrichissants ! Nous acquérons des outils concrets pour mener des actions de plaidoyer auprès des autorités locales et faire entendre la voix des jeunes« . Dah Sié, un autre participant, abonde : « Cette formation va changer notre manière d’aborder les problématiques de notre génération. À la sortie, nous serons prêts à agir sur le terrain« .
Une attention spécifique sera portée aux jeunes les plus vulnérables. Les pairs éducateurs, avec l’appui de leurs superviseurs, auront pour tâche de les identifier et d’organiser les formations dans des lieux accessibles et sécurisés.
Donner le pouvoir d’agir
L’ambition ultime du programme national de plaidoyer va bien au-delà de la simple transmission de savoirs. Il s’agit d’autonomiser la jeunesse, de lui donner les moyens concrets de porter sa voix et d’influencer les décisions qui la concernent. Comme l’a résumé M. Niamké : « Nous voulons que les jeunes soient écoutés, qu’ils soient moteurs de solutions, pas seulement spectateurs« . À Bouna et bien au-delà, ces vingt pairs éducateurs sont désormais en première ligne pour faire de cette vision une réalité, prouvant que le plaidoyer bien mené est une force transformative puissante. A LIRE AUSSI : Les Rendez-vous du RHDP du 11 juin : Adjoumani hausse le ton face à l’opposition.
As-Sobour





