La date du 30 juillet 2025 a résonné d’un message urgent dans la région de Bouna. À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des personnes, la Direction régionale de la cohésion nationale, de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté a lancé une campagne de sensibilisation d’envergure. Ciblant particulièrement les villages de Syaledouo et Ondefidouo, cette initiative cruciale visait à briser le silence autour d’un fléau qui ronge insidieusement les communautés. Autorités locales, leaders communautaires, associations et habitants se sont rassemblés pour un même combat : protéger les plus vulnérables.
- Une alerte solennelle face à un danger proche
- Sensibiliser au cœur des villages : Syaledouo et Ondefidouo en première ligne
- L’impact des témoignages : Un film pour éveiller les consciences
- La parole aux citoyens : Prise de conscience et engagement
- La cellule régionale de Bouna : Un pilier dans la lutte contre la traite des personnes

Une alerte solennelle face à un danger proche
Lors de ces rencontres mobilisatrices, le directeur régional, M. Kambou Sansan, a pris la parole devant une centaine de participants. Son discours a été sans équivoque : « La traite des personnes n’est pas un phénomène lointain, elle existe malheureusement chez nous. » Il a ensuite souligné la raison d’être de la cellule régionale de lutte contre la traite des personnes : protéger les victimes, surtout les femmes et les enfants, et sanctionner les auteurs. « Nous appelons chacun à la vigilance et à la dénonciation des suspects », a-t-il martelé, insistant sur l’engagement indispensable de chaque citoyen. Par ailleurs, ce message a servi de base à toute la journée d’action.
Sensibiliser au cœur des villages : Syaledouo et Ondefidouo en première ligne
Pour toucher directement les populations concernées, les équipes de la cellule régionale sont allées à la rencontre des habitants. Sur les places publiques de Syaledouo et Ondefidouo, des séances d’information claires et accessibles ont été organisées. Expliquées en langue locale, les différentes formes de traite (exploitation des enfants, travail forcé, exploitation sexuelle) ont été détaillées. En outre, les conséquences pénales sévères encourues par les trafiquants ont été clairement énoncées, envoyant un signal fort de dissuasion. Cette approche de proximité était essentielle pour toucher les consciences.
L’impact des témoignages : Un film pour éveiller les consciences
Afin de rendre la réalité du phénomène plus tangible et émouvante, une projection d’un film éducatif a été organisée. Ce documentaire puissant a montré le calvaire des victimes, dévoilé les méthodes sournoises de recrutement des trafiquants et mis en lumière les actions menées pour démanteler les réseaux criminels. Évidemment, les images fortes ont profondément marqué l’audience. L’émotion palpable a ouvert la voie à un débat riche et nécessaire.
La parole aux citoyens : Prise de conscience et engagement
Suite à la projection, de nombreux participants ont exprimé leurs réactions. Dah Kileté, cultivateur à Syaledouo, a partagé son cheminement : « J’ai souvent entendu parler d’enfants envoyés travailler loin d’ici dans de mauvaises conditions. Mais aujourd’hui, en voyant ce film, j’ai compris que cela s’appelle la traite des personnes et que nous avons un rôle à jouer pour l’arrêter. Je félicite la cellule régionale et je m’engage à alerter les autorités si je vois un cas suspect. » De même, une mère de famille a confié ses craintes renouvelées et sa résolution : « Parfois, on nous propose d’envoyer nos enfants en ville pour avoir un meilleur avenir. Mais on ne sait pas toujours ce qui les attend. Après cette sensibilisation, je serai plus prudent. » Ces témoignages illustrent le déclic provoqué par la campagne.
La cellule régionale de Bouna : Un pilier dans la lutte contre la traite des personnes
Créée spécifiquement pour faire face à l’ampleur du problème, la cellule régionale de lutte contre la traite des personnes de Bouna assure des missions vitales sur plusieurs fronts :
- Prévention : Campagnes d’information dans les villages, écoles et marchés.
- Protection : Accueil et accompagnement personnalisé des victimes.
- Coordination : Collaboration étroite avec les forces de sécurité, la justice et les services sociaux pour démanteler les réseaux criminels.
- Répression : Soutien actif aux enquêtes et procédures judiciaires pour punir les trafiquants.
M. Kambou Sansan a rappelé l’accessibilité de la cellule : « La cellule reste ouverte à toute personne souhaitant signaler un cas ou demander assistance », garantissant la confidentialité absolue des démarches. Il a conclu par un appel fédérateur : « La traite des personnes est un crime. Ensemble, nous pouvons l’arrêter. Chaque parent, chaque voisin, chaque jeune a un rôle à jouer pour protéger nos enfants et nos familles. »
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Finalement, cette journée du 30 juillet s’est close sur une promesse collective : celle d’une région de Bouna plus unie, plus vigilante, mieux informée et résolument déterminée à éradiquer la traite des personnes sous toutes ses formes. La lutte contre la traite des personnes est l’affaire de tous, chaque signalement compte.
As-Sobour





