Le samedi 29 novembre 2025, la sous-préfecture centrale de Bouna a tenu la troisième et dernière session de son Conseil pour l’année écoulée. Présidés par le sous-préfet central, M. Boffo Koffi Apollinaire, ces travaux ont permis un bilan nuancé, révélant les forces et les fragilités d’une administration locale profondément engagée sur son territoire.
Un bilan social encourageant pour l’administration locale
Au cœur des débats, la question épineuse des conflits agriculteurs-éleveurs a été longuement examinée. Par ailleurs, le sous-préfet a annoncé un taux de résolution de 80% des différends portés devant l’administration en 2025. Ce succès notable est le fruit d’une implication soutenue des autorités et des acteurs communautaires. M. Boffo Koffi Apollinaire a tenu à saluer cet engagement collectif. Cependant, il a aussi dû souligner les limites de l’action administrative face à certains blocages.
Notamment, le refus de certains éleveurs de reconnaître les traces de bétail comme preuve de dégâts agricoles complique considérablement les médiations. « Pour qu’un éleveur accepte de payer les droits dus à un agriculteur, il faut pratiquement le prendre la main dans le sac. Sinon, il nie toute implication », a regretté le sous-préfet. Ces contentieux persistants doivent alors être transférés aux juridictions, alourdissant le processus. Ainsi, cette session a confirmé que le rôle de l’administration locale est crucial, mais qu’elle ne peut agir seule sans une adhésion totale aux principes de conciliation.
L’état des lieux alarmant des infrastructures administratives
Toutefois, au-delà des défis sociaux, la session a servi de coup de projecteur sur un problème criant : l’état de délabrement avancé du bâtiment abritant la sous-préfecture. Le sous-préfet a tiré la sonnette d’alarme, évoquant des infiltrations d’eau, une toiture affaiblie et une salle de réunion nécessitant des travaux d’étanchéité urgents. « La sous-préfecture a besoin d’un souffle nouveau », a insisté M. Boffo Koffi Apollinaire.
Cet appel à l’aide souligne un paradoxe : comment une administration locale peut-elle incarner l’autorité de l’État et servir les citoyens dans un cadre aussi dégradé ? Par conséquent, un plaidoyer vigoureux a été lancé en direction des opérateurs économiques de la région. L’exemple de Kolo Mining International, ayant offert un mât, a été cité en modèle pour encourager d’autres partenariats public-privé. La modernisation de l’infrastructure est devenue une priorité absolue pour redonner sa dignité à cette administration locale.
Perspectives 2026 : Sécurisation et engagement collectif
Enfin, cette dernière session a été l’occasion de poser les jalons pour l’année à venir. Un projet phare a été défendu : la clôture de l’enceinte de la sous-préfecture. Selon le sous-préfet, cette mesure est essentielle pour sécuriser l’état civil, protéger les biens et offrir un cadre de travail conforme au statut de chef-lieu de région.
De plus, il a sollicité l’appui des chefs de village et des membres du Conseil pour l’élaboration des termes de référence et la mobilisation des ressources nécessaires. En clôturant les travaux, M. Boffo Koffi Apollinaire a rappelé que le développement local est une responsabilité partagée. L’espoir est donc permis pour 2026, à condition que la communauté toute entière se mobilise pour soutenir et renforcer son administration locale face aux défis administratifs, sociaux et sécuritaires.
A lire aussi : Gagnoa sous-préfecture : Yazi Ikpo, candidat aux législatives, mise sur le développement local à Gagnoa
A lire aussi : Guerre en Ukraine en direct : l’armée ukrainienne dément la prise de la ville de Pokrovsk
En définitive, le Conseil de sous-préfecture de Bouna a dressé le portrait d’une administration locale résiliente et efficace sur le plan social, mais cruellement handicapée par son environnement matériel. L’année 2026 sera décisive pour transformer cet engagement en actions concrètes de modernisation.
As-Sobour





