À la place du Centre culturel de Bondoukou, ce dimanche 1er juin 2025, une marée humaine, des militants et sympathisants du COJEP (Congrès Panafricain pour la Justice et l’Égalité des Peuples) venus des quatre coins de la région du Gontougo, attendaient avec ferveur leur leader, Charles Blé Goudé. Ce meeting, bien plus qu’une démonstration de force, s’est transformé en un retour aux racines et en une tribune puissante pour un message universel : la paix.
- Le meeting de Charles Blé Goudé à Bondoukou : retour aux racines et renforcement du COJEP
- Charles Blé Goudé à Bondoukou : « Je suis un enfant d’ici »
- Bondoukou, symbole vivant de cohésion et miroir pour la Côte d’Ivoire
- L’appel à la paix et à la réconciliation : le cœur du message
- Charles Blé Goudé lance un appel au président Ouattara depuis Bondoukou
- La paix, seul véritable héritage : un message aux jeunes et à la nation
- Ambition présidentielle et vision : servir dans l’unité
- Charles Blé Goudé appelle à la paix et la réconciliation à Bondoukou
Le meeting de Charles Blé Goudé à Bondoukou : retour aux racines et renforcement du COJEP
D’entrée, l’événement a revêtu une dimension stratégique et symbolique. Outre la mobilisation des troupes en vue de l’élection présidentielle d’octobre prochain, Charles Blé Goudé a profité de cette tribune à Bondoukou pour procéder à un acte structurant : l’intronisation des secrétaires régionaux du COJEP dans le Gontougo. Ce geste souligne l’importance accordée à l’ancrage local et à l’organisation du parti dans cette région clé. Mais très vite, le ton a dépassé la simple logique partisane pour embrasser une identité plus profonde.

Charles Blé Goudé à Bondoukou : « Je suis un enfant d’ici »
Dès ses premiers mots, Charles Blé Goudé a planté le décor émotionnel. S’adressant avec un profond respect aux chefs traditionnels, « gardiens de nos traditions », il a immédiatement tissé le lien filial qui l’unit à la ville :
Je suis Charles Blé Goudé. Et c’est vrai que je suis Bété. Je suis né à Guibéroua, mais j’ai passé toute mon enfance ici à Bondoukou. C’est ici que je suis allé à l’école. Je suis un enfant de Bondoukou.
Charles Blé Goudé
Ce retour aux sources n’était pas anodin. Il a salué avec une chaleur palpable les différentes composantes de l’assistance : les femmes de Bondoukou, les jeunes de Bondoukou, et les représentants des autres partis politiques présents (PDCI-RDA, FPI, MGC), appelant même la foule à les acclamer. Cet hommage inclusif jetait les bases de son discours central.
Bondoukou, symbole vivant de cohésion et miroir pour la Côte d’Ivoire
Levant les yeux sur la foule compacte, Blé Goudé a magnifié la spécificité de Bondoukou, la « ville aux mille mosquées » où cohabitent harmonieusement musulmans, chrétiens et animistes. Il en a fait un modèle pour la nation :
« Vous êtes dans une ville symbole… Cette cohésion-là qui vous permet de rester ensemble sur cette terre. Ce soir, je voudrais vous encourager. Soyez le miroir de la paix en Côte d’Ivoire, peuple de Bondoukou. »
C’est en tant que « fils adoptif » de cette terre, nourri par ses valeurs de droiture et de respect appris auprès de ses communautés (Lobi, Koulango, Abon etc.), qu’il a lancé son plaidoyer le plus poignant.
L’appel à la paix et à la réconciliation : le cœur du message
Le discours a pris une tournure profondément personnelle et nationale lorsque Charles Blé Goudé a évoqué son emprisonnement à la CPI (Cour Pénale Internationale). Avec émotion, il a remercié les prières de ses « parents » de Bondoukou et d’ailleurs qui, selon lui, ont contribué à son retour et à son acquittement, contrastant avec le sort tragique de codétenus comme Charles Taylor ou Bosco Ntaganda. De cette épreuve, il tire la quintessence de son engagement actuel :
Cette liberté que Dieu m’a donnée, je veux la mettre au service de la paix ici en Côte d’Ivoire… On fait une politique pour donner la vie, on ne fait pas la politique pour arracher la vie.
Charles Blé Goudé
Face aux fractures passées et aux craintes liées à la présidentielle d’octobre, son message est on ne peut plus clair : plus jamais la violence politique.
« Je ne veux plus vous voir prendre des bagages pour aller vers le Ghana… Mon souhait, c’est que chaque enfant de Bondoukou parte voter calmement et revienne calmement chez lui… On compte les bulletins de vote. On ne compte pas les morts et les blessés. »
Charles Blé Goudé lance un appel au président Ouattara depuis Bondoukou
Le leader du COJEP n’a pas éludé les obstacles actuels. Il a dénoncé avec force ce qu’il considère comme une injustice criante : sa condamnation par contumace en Côte d’Ivoire pour les mêmes faits ayant conduit à son acquittement à la CPI, entraînant son retrait des listes électorales et le gel de ses comptes bancaires. Pour lui, cette situation symbolise les dysfonctionnements et les divisions persistantes.
Sa solution ? Un dialogue national urgent, initié par le Président de la République, Alassane Ouattara, qu’il appelle directement :
« Monsieur le Président, réunissez les enfants de la Côte d’Ivoire autour d’une table… Vous avez la clé en main, la Constitution vous donne le pouvoir et l’autorité de réconcilier ce pays… Il a l’autorité pour nous réconcilier. Il a l’autorité pour nous convoquer. »
De plus, il plaide pour l’établissement de règles électorales claires et acceptées par tous, seul gage selon lui d’élections apaisées. Blé Goudé y voit aussi un moyen d’économiser les « milliards » dépensés dans les ministères de la réconciliation, fonds qui pourraient selon lui être redirigés vers le développement (infirmeries, éducation).
La paix, seul véritable héritage : un message aux jeunes et à la nation
Dans la dernière partie de son intervention à Bondoukou, Charles Blé Goudé a élargi sa vision. Il a questionné l’héritage que la génération actuelle veut laisser :
« La question, tu laisses quoi à tes enfants en héritage?… La colère pour le voisin? Ce n’est pas un bon héritage… Notre meilleure sécurité, c’est la paix qu’on va laisser à nos enfants. Voilà le vrai héritage. »
S’adressant spécifiquement aux jeunes, il les a mis en garde contre la manipulation et la violence :
« Vous les jeunes, je vous mets en mission. Que personne ne vienne vous manipuler pour vous dresser les uns contre les autres… Si on te donne une machette pour aller découper ton frère… lui là il est comme toi. »
Il a également pris un engagement personnel solennel devant la foule de Bondoukou :
La violence qui va détruire la Côte d’Ivoire ne passera pas par moi… Voilà ce que je suis venu vous dire… Je ferai en sorte que vous n’ayez jamais honte de moi.
Charles Blé Goudé
Ambition présidentielle et vision : servir dans l’unité
Sans détour, Charles Blé Goudé a réaffirmé son ambition présidentielle, la situant dans une perspective de service et d’unité nationale, non de division ou d’enrichissement personnel :
« Quand je dis je vais être président, ce n’est même pas pour les Bété seulement… Si je compte gouverner la Côte d’Ivoire… je dois œuvrer à ce que les filles et les fils de ce pays soient unis… Je ne le fais pour aucun leader de ce pays. Je le fais pour la Côte d’Ivoire. »
Il a conclu son meeting à Bondoukou sur une note d’espoir et de détermination, promettant de revenir avant le scrutin d’octobre, non pas pour réclamer des votes, mais pour continuer à œuvrer pour un cadre apaisé. Les acclamations nourries de la foule et les félicitations adressées aux organisateurs ont souligné l’impact profond de son discours.
Charles Blé Goudé appelle à la paix et la réconciliation à Bondoukou
Le meeting de Charles Blé Goudé à Bondoukou du 1er juin 2025 restera bien plus qu’un simple événement de campagne. Ce fut un retour émouvant aux racines, un acte de structuration politique pour le COJEP dans le Gontougo, et surtout, une tribune exceptionnelle pour un plaidoyer vibrant et personnel en faveur de la paix, de la réconciliation nationale et du dialogue.
Dans un contexte électoral tendu, le message de « l’enfant de Bondoukou« , marqué par son expérience douloureuse, résonne comme un appel pressant à la sagesse collective et au refus de la violence. L’impact de ce discours sur le climat politique et sur l’électorat du Gontougo, terre symbole de cohésion, sera crucial à observer dans les mois décisifs qui viennent. Le défi lancé aux autorités et à toute la classe politique est clair : privilégier l’unité et la paix comme seul héritage digne pour la Côte d’Ivoire. A lire aussi : Fête des mères à Bondoukou : Maïzan Koffi Noël annonce des actions concrètes pour les femmes.
Alfred Zeus





