La ville de Korhogo a abrité un atelier d’induction décisif pour le renforcement de la prise en charge VIH jeunes en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, cette rencontre a rassemblé des représentants d’organisations non gouvernementales intervenant dans les régions du Poro, Tchologo, Hambol, Bélier et Gbêkè. En effet, le projet PRESERV phase 2, financé par Expertise France et piloté par le Centre Solidarité Action Sociale de Bouaké, ambitionne de transformer l’accès aux services de santé pour les populations vulnérables.
Selon Diallo Seydou, chargé du programme à l’ONG Centre de Solidarité Sociale, la prise en charge VIH jeunes représente aujourd’hui une thématique centrale. D’ailleurs, il souligne l’importance d’un focus spécial sur cette population pour éviter une recrudescence de l’épidémie. « Il est important de savoir comment les prestataires reçoivent les enfants, les former sur la psychologie des enfants, afin qu’ils puissent bien s’occuper d’eux », précise-t-il.

Trois axes majeurs pour une stratégie globale
La phase 2 du projet s’articule autour de trois objectifs ambitieux d’ici fin 2029. Tout d’abord, assurer une offre de services de qualité aux enfants, adolescents et jeunes infectés de 0 à 24 ans pour atteindre la suppression de la charge virale. Ensuite, garantir l’accès à des services de prévention et de santé sexuelle aux adolescentes vulnérables de 9 à 14 ans. Enfin, développer une stratégie de pérennisation via le renforcement des capacités des parties prenantes.
Lambert Douat, chef de projet à Solidarité Action Sociale, justifie cette approche ciblée. « Nous insistons sur les enfants parce que ces enfants sont la génération future. Si rien n’est fait à cette jeunesse, on pourrait reprendre encore l’épidémie pour les années à venir », explique-t-il. De plus, cette vision s’inscrit dans l’objectif d’élimination de l’infection à VIH pour 2030.
Des résultats concrets et prometteurs
Le docteur Adingra, représentant de la direction de la santé, a rappelé les défis persistants. « Nous avons une prévalence de 2,5%, c’est encore élevé. Le triste constat que nous faisons, c’est que les nouveaux cas sont plus positifs au niveau des enfants adolescents », révèle-t-il. Néanmoins, le projet apporte déjà des résultats tangibles. À Ferkessédougou, plus de 100 cas ont bénéficié de kits alimentaires, d’achat d’ordonnances et d’analyses médicales.
Lorou Viviane, de l’ONG Renaissance Santé Yamoussoukro, exprime son optimisme. « Nous croyons que nous pouvons aider nos enfants infectés à toujours avoir de l’espoir. Malgré le VIH, ils peuvent s’affirmer et être des enfants dont la nation a besoin pour son développement », se réjouit-elle.
Cette phase 2, qui s’étend sur 48 mois jusqu’en septembre 2029, mise sur l’implication accrue des partenaires locaux pour une mise en œuvre efficace et inclusive.
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Georges Samba, correspondant régional





