Depuis plusieurs mois, les coupures de courant à Bondoukou défraient la chronique. Les quartiers Donzosso Extension, Motoragri, TP et Zanzan subissent des interruptions quotidiennes, comparées à des « jeux de lumière » intermittents. Malgré la présence d’une centrale électrique, l’instabilité du réseau révèle une infrastructure inadaptée et des transformateurs électriques insuffisants.
- Vie quotidienne perturbée : les conséquences des intempestives coupures de courant à Bondoukou
- Infrastructure dépassée : le manque criant de transformateurs électriques
- Coupures de courant à Bondoukou : réponses des autorités et attentes des citoyens
- Fraude électrique et responsabilités partagées : un frein au développement
- Solutions envisagées : vers une transition énergétique inclusive
- Coupures de courant à Bondoukou : quel avenir pour le réseau électrique ?

Mamadou Coulibaly, Secrétaire général 1 de la Préfecture de Bondoukou, confirme : « Les travaux d’extension ont débuté en novembre 2024, mais les nouveaux transformateurs ne seront pleinement opérationnels qu’en 2026. » Un délai qui exacerbe la frustration des habitants, déjà confrontés à des dégâts matériels et économiques.
Vie quotidienne perturbée : les conséquences des intempestives coupures de courant à Bondoukou
Les coupures de courant à Bondoukou ne sont pas qu’une gêne passagère. Pour Fanta Ouattara et Bintou Ouattara, résidentes à Donzosso, ces interruptions ont détruit leurs congélateurs, essentiels pour conserver leurs produits alimentaires.
Nous perdons des stocks entiers à cause des variations de tension. Personne ne nous dédommage.
Fanta Ouattara
À Motoragri, Souleymane Kamagaté a vu la batterie de son ordinateur grillée lors d’une coupure soudaine. « Je travaille en freelance. Sans électricité stable, je risque de perdre mes clients », témoigne-t-il. Ces récits illustrent un problème systémique : la précarité énergétique entrave le développement socio-économique local.
Infrastructure dépassée : le manque criant de transformateurs électriques
Le cœur du problème réside dans l’insuffisance des transformateurs électriques à Bondoukou. Conçus pour supporter une charge limitée, ils sont aujourd’hui sursollicités par la demande croissante. Lors d’une réunion communautaire le 6 mai 2025, des leaders ont interpellé la Compagnie Ivoirienne d’Électricité (CIE) : « Pourquoi attendre 2026 pour installer de nouveaux transformateurs alors que certains sont déjà arrivés en ville ? »
La CIE a reconnu les retards, invoquant des défis logistiques et un calendrier de déploiement étalé. Pourtant, comme le souligne un habitant de Zanzan :
Nos équipements brûlent, et personne n’assume la responsabilité.
Coupures de courant à Bondoukou : réponses des autorités et attentes des citoyens
Face à la grogne sociale, le préfet André Kouadio Gbangbo a initié une rencontre entre la CIE, la SODECI (Société de Distribution d’Eau) et les leaders locaux. Lors de ce rendez-vous, plusieurs doléances ont émergé :
- Factures imprévisibles : Des augmentations tarifaires sans préavis.
- Vol d’électricité : Lié au coût perçu comme élevé par les populations.
- Pannes récurrentes : Des groupes électrogènes de la SODECI souvent hors service.

Madame Kané Keïfa, responsable de la lutte contre la fraude, a rappelé : « Le prix du kWh en Côte d’Ivoire (87 FCFA) reste l’un des plus bas d’Afrique de l’Ouest. La fraude plombe nos efforts d’investissement. » Elle a également annoncé des contrôles renforcés et des sanctions pour les branchements illégaux.
Fraude électrique et responsabilités partagées : un frein au développement
Les coupures de courant à Bondoukou sont aggravées par un taux de fraude élevé. La CIE estime ses pertes annuelles à 40 milliards de FCFA, tandis que la SODECI évoque 16 milliards, en Côte d’Ivoire. Ces pertes limitent les capacités d’extension du réseau, notamment dans les villages non encore électrifiés.
Idrissa A. interpelle : « À qui appartiennent les compteurs ? Pourquoi les responsables de la CIE ne sont-ils pas locaux ? » Des questions qui soulignent le manque de transparence et de proximité entre fournisseurs et usagers.
Solutions envisagées : vers une transition énergétique inclusive
Pour atténuer les coupures de courant et d’eau à Bondoukou, plusieurs pistes sont explorées :
- Énergie solaire : Alimenter les forages et réduire la dépendance aux groupes électrogènes.
- Sensibilisation : Promouvoir l’efficacité énergétique (ampoules LED, gestion des appareils).
- Plateformes digitales : La CIE a lancé un système d’envoi de factures par SMS.
Mamadou Coulibaly insiste : « Adoptons des comportements économes. Éteignez les climatiseurs inutilisés et vérifiez vos compteurs régulièrement. »
Coupures de courant à Bondoukou : quel avenir pour le réseau électrique ?
D’ici fin 2026, 13 nouveaux transformateurs devraient renforcer le réseau. Cependant, les habitants restent sceptiques. « On nous promet des solutions depuis des années. Vivement des actes concrets ! », lance une commerçante du quartier TP.
La création d’une direction régionale permanente de la CIE et de la SODECI à Bondoukou est réclamée pour améliorer la réactivité. En attendant, la population est invitée à signaler les anomalies via les canaux officiels.
Les coupures de courant à Bondoukou symbolisent les défis d’un réseau électrique en tension. Entre modernisation urgente, lutte contre la fraude et responsabilisation des usagers, la route vers une énergie stable est longue. Mais comme le rappelle Madame Kané Keïfa : « C’est ensemble que nous construirons un secteur énergétique résilient. » A lire aussi : École maternelle d’Amanikro: La « promotion Docteur Yazi » baptisée sous le signe de l’avenir.
Jean Michel





