La période électorale, moment clé pour toute démocratie, exige une vigilance accrue des médias. Consciente de cet enjeu, l’European Partnership for Democracy (EPD), en collaboration étroite avec la Commission Electorale Indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire, a organisé un atelier de formation le 11 août 2025. Cet événement, tenu à l’hôtel Iman de Bondoukou, ciblait spécifiquement les journalistes et professionnels de la communication des régions du Gontougo, de l’Indénié-Djuablin et du Bounkani. Le thème central ? Maîtriser les clés d’une couverture responsable des élections.

Pourquoi une couverture responsable des élections est déterminante
Dr Adina Borcan, experte électorale senior pour l’EPD, a planté le décor : « Les journalistes sont des acteurs très importants dans le processus électoral. » Elle a souligné l’objectif de l’atelier : « outiller les journalistes pour une couverture médiatique responsable des élections, afin d’éviter les dérapages et les sanctions potentielles ». Pour elle, cet échange visait à rappeler que l’information est un pilier démocratique, surtout en période de scrutin. Par conséquent, une formation adaptée est indispensable.
Le triptyque incontournable : journalisme, réseaux sociaux et élections

Dosso Boubacar, Directeur de la Documentation à l’Autorité Nationale de la Presse (ANP), a centré son intervention sur un défi majeur : l’impact des réseaux sociaux. « Quel crédit accorder aux publications des réseaux sociaux ? » s’est-il interrogé. Sa réponse fut claire :
Certes, les réseaux sociaux existent, mais ce n’est qu’une source de première main.
Dosso Boubacar
En outre, il a insisté sur le fait que le code de déontologie journalistique reste immuable, que ce soit « en période électorale qu’en période normale ». Autrement dit, le professionnel doit traiter et vérifier cette matière brute pour « publier une information potable au public lecteur ». Il a également rappelé l’importance cruciale de maîtriser la loi sur la presse et les textes protégeant les mineurs.
Règles précises pour les radios : Garantir une couverture responsable des élections
Koné Siméon, Directeur des Affaires Juridiques à la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), a apporté des précisions vitales pour les radios privées non commerciales. En effet, leur rôle durant la campagne est encadré. Premièrement, seules les radios disposant d’un journaliste professionnel dans leur rédaction seront autorisées à couvrir intégralement la campagne électorale, sous réserve d’une demande d’accréditation.

Deuxièmement, pour les autres, une mission spécifique est définie : « diffuser des messages de paix, de cohésion sociale » tout en s’abstenant strictement de « diffuser des messages incitant à la haine, à la xénophobie ou à la discrimination raciale ». Ainsi, toutes les radios, selon leur statut, peuvent contribuer positivement.
Une attente commune : Professionnalisme et responsabilité pour octobre 2025

En définitive, cet atelier avait un objectif unanime, résumé par Koné Siméon : « Nous attendons de ces médias une couverture responsable et professionnelle de la campagne pour l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 ». La formation visait à outiller les professionnels locaux pour qu’ils deviennent des acteurs de l’apaisement et de la crédibilité du processus. Par ailleurs, la collaboration entre l’EPD, la CEI, la HACA et l’ANP démontre l’importance d’une approche coordonnée pour soutenir une information électorale de qualité.
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On peut le dire, cet atelier à Bondoukou marque une étape proactive. Il renforce les capacités des médias des régions concernées pour assurer une couverture responsable des élections, essentielle à la tenue d’un scrutin pacifique et transparent en octobre prochain. L’enjeu est de taille : informer sans enflammer, critiquer sans diviser, pour servir au mieux la démocratie ivoirienne.
Jean Michel





