Dans la nuit du 8 avril 2025, Essy Amara, ancien ministre d’État et ex-ministre des Affaires étrangères de la Côte d’Ivoire, a tiré sa révérence à son domicile de Cocody-Deux Plateaux. La nouvelle a frappé comme un coup de tonnerre. Un décès survenu aux alentours de 2 heures du matin, selon un communiqué officiel du commissariat du 12ᵉ arrondissement de Cocody.

Les circonstances du décès d’Essy Amara
D’après la note officielle adressée au préfet de police adjoint d’Abidjan, c’est M. Holland N’Da Gnanzou, fils du défunt Holland N’Da Pierre, qui a alerté les autorités. Les forces de l’ordre, dirigées par le lieutenant Kandé Abou Dramane (Police Criminelle) et le capitaine Danon Jude (Police Scientifique), se sont immédiatement rendues sur place. Le décès a été constaté par la Dr Eliane Tiabas N’Da, médecin urgentiste à Nepesia Santé et Prévention.
Le corps de l’ancien ministre a été transféré à la morgue de l’IVOSEP Treichville par les services des pompes funèbres. Une procédure judiciaire (OP n°1470/PU-12) a été ouverte pour encadrer les suites administratives.
Un deuil national pour un géant politique
La disparition d’Essy Amara plonge la Côte d’Ivoire dans une profonde tristesse, notamment sa famille et son parti, le PDCI-RDA. Ce dernier, en pleine préparation de sa convention pour la présidentielle d’octobre 2025, perd un de ses piliers historiques.

Parcours d’un bâtisseur : de Bouaké à l’Union Africaine
Né en 1944 à Bouaké, Essy Amara a marqué l’histoire politique ivoirienne et africaine. Proche collaborateur de Félix Houphouët-Boigny, il a dirigé le ministère des Affaires étrangères pendant huit ans. Son héritage le plus marquant reste la transformation de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en Union Africaine (UA) en 2002.

« Essy Amara a jeté les bases d’une Afrique plus intégrée et proactive », souligne un rapport de l’UA. En tant que premier président intérimaire de la Commission de l’UA, il a modernisé l’institution pour en faire un acteur clé dans la résolution des crises continentales.
Sur la scène internationale, son élection à la présidence de la 49ᵉ Assemblée générale de l’ONU en 1994 a consolidé son statut de diplomate hors pair. Il a piloté des réformes majeures, comme la restructuration du Conseil de sécurité, et contribué à apaiser des conflits comme ceux du Rwanda et de la Somalie.
Réactions en Côte d’Ivoire et au-delà
La nouvelle de son décès a provoqué une vague d’hommages. Le PDCI-RDA a salué « un homme intègre, dont le travail a élevé l’image de la Côte d’Ivoire ». Sur les réseaux sociaux, les Ivoiriens rendent hommage à un « visionnaire » et à un « modèle de leadership ».
La Côte d’Ivoire perd un de ses fils les plus illustres. Son héritage diplomatique demeure une référence.
Alassane Ouattara, président de la République
À l’international, des figures comme Kofi Annan Jr. (fils de l’ex-secrétaire général de l’ONU) ont rappelé son « approche pragmatique et son sens du consensus ».
Un héritage durable
Essy Amara laisse derrière lui une famille en deuil, mais aussi un pays reconnaissant. Son rôle dans la création de l’UA et son influence à l’ONU restent des références pour les jeunes diplomates.
« Il incarnait l’idée que l’Afrique pouvait parler d’une seule voix », résume Jean-Louis Billon, ancien ministre du Commerce.
Le décès d’Essy Amara marque la fin d’une ère, mais son héritage perdure. Homme de dialogue et architecte de l’unité africaine, il restera dans les mémoires comme un symbole de l’excellence ivoirienne. Paix à son âme.
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As-Sobour





