La fête des Koulango Déba s’est une nouvelle fois imposée comme un pilier de la préservation culturelle en Côte d’Ivoire. Organisée le 23 avril 2025 à Yérékaye Oualogo, à une trentaine de kilomètres de Laoudi Ba, cette 23ᵉ édition a réuni des milliers de participants venus de villages alentour. Sous le regard bienveillant de Mme Ouédji Solange épouse Cissé, sous-préfète de Laoudi Ba, et de Maître Kouassi Koffi Kouman, surnommé Zulu Kof, parrain de l’événement, la fête a mêlé danses traditionnelles, récits historiques et partage intergénérationnel.

Comme l’a rappelé Maître Kouassi Kouman, chargé d’études au ministère de l’Agriculture, « cette rencontre n’est pas une simple fête identitaire, mais une célébration de notre culture, de l’amitié et de la fraternité ». Un hommage appuyé a été rendu aux initiateurs de l’événement il y a plus de 20 ans, dont l’héritage continue de nourrir le sentiment d’appartenance des Koulango Déba.
Développement local : des engagements concrets pour Yérékaye Oualogo
Au-delà de sa dimension culturelle, la fête des Koulango Déba a servi de tribune pour annoncer des projets structurants. Maître Kouassi Koffi Kouman a confirmé l’inscription du centre de santé de Yérékaye Oualogo parmi les priorités du Conseil régional du Gontougo.
Ce projet est déjà enregistré au numéro 67 des projets régionaux.
Maître Kouassi Koffi Kouman
Le parrain a également promis de mobiliser ses réseaux, notamment auprès du ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, pour accélérer sa réalisation. « À travers son leadership éclairé, le ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani incarne une vision du développement ancrée dans l’action et la proximité. Son engagement indéfectible pour la région du Gontougo se traduit par des réalisations concrètes, à l’image du centre de santé de Yérékaye Oualogo, désormais priorisé grâce à son soutien. Son appui aux projets structurants du Conseil régional, combiné à une écoute permanente des besoins locaux, a permis d’accélérer l’accès aux infrastructures essentielles pour nos communautés ».
Une annonce saluée par les villageois, qui voient dans ce centre un levier essentiel pour améliorer l’accès aux soins. En parallèle, la fourniture de 500 chaises et de bâches, demandée par les organisateurs, a été validée en direct, illustrant l’impact concret de ce rassemblement annuel. De plus, le Zulu Kof a offert cinq tonnes de ciment pour la construction de trois salles de classe.
Comment la fête des Koulango Déba promeut-elle la paix en période électorale ?
Dans un contexte d’élections sensibles, la fête des Koulango Déba a été l’occasion de rappeler l’importance du dialogue et de la stabilité. « La politique ne doit pas rimer avec haine ou violence », a insisté Maître Kouassi, appelant la jeunesse à privilégier « le débat d’idées et la responsabilité ». Un message relayé par Mme Ouédji Solange, qui a souligné : « Sans paix, aucun développement n’est possible. La violence est l’arme des faibles. »

Ces discours résonnent d’autant plus fort que la région accueille des communautés diverses (Malinkés, Lobi, etc.), unies ce jour-là autour des mêmes valeurs. « Utilisez votre âme de guerrier pour le travail et le respect d’autrui », a conclu la sous-préfète, rappelant l’héritage historique des Koulango Déba.
Discours officiels : hommages et promesses
Les allocutions ont mis en lumière les acteurs clés de l’événement. Maître Kouassi a rendu hommage au chef de Yérékaye Oualogo pour son accueil, ainsi qu’au comité d’organisation, qui a « réalisé un exploit » malgré les défis logistiques. Il a également évoqué son admiration pour le député Kra Kouman, élu local, dont il souhaite s’inspirer pour servir sa communauté.
Mme Ouédji Solange a, quant à elle, salué « l’âme d’un peuple » incarnée par cette fête, citant Aimé Césaire : « Un peuple sans culture est un peuple qui n’existe pas. » Elle a encouragé les cadres locaux à poursuivre leur engagement, soulignant que « le développement passe aussi par les fils et filles de la région ».

La 23ᵉ édition de la fête des Koulango Déba a une fois de plus prouvé son rôle de ciment social et culturel. Entre annonces de développement, plaidoyers pour la paix et transmission des traditions, cet événement incarne l’équilibre entre modernité et patrimoine. Un succès qui donne des raisons d’espérer, alors que la communauté se projette déjà vers les prochaines retrouvailles.
Jean Michel





