À l’occasion de la Fête du Travail à Bouna, les syndicats du secteur éducation-formation ont saisi l’opportunité pour alerter sur les difficultés quotidiennes des enseignants. Sur l’esplanade de la préfecture, Monsieur N’Guessan Cabral, responsable syndical, a dénoncé « le coût excessif des loyers » dans le chef-lieu et les départements voisins. Un problème aggravé par le manque criant de logements décents, contraignant certains professeurs à dormir « dans des salles de classe ou des bureaux ».

Les infrastructures scolaires, vétustes et souvent privées d’électricité, transforment les établissements en « fumoirs à ciel ouvert », selon ses termes. Dans le Collège Moderne de Bouna, la situation est particulièrement alarmante : un seul professeur de mathématiques pour 900 élèves. « Comment assurer un enseignement de qualité dans ces conditions ? », interroge le syndicaliste.
Comment les syndicats ont-ils marqué la Fête du Travail à Bouna ?
La Fête du Travail à Bouna a également mis en avant l’accès difficile aux soins de santé et à l’eau potable, surtout en zone rurale. Ces défis, couplés à des routes impraticables, isolent les enseignants et renforcent leur sentiment d’abandon. Pourtant, les syndicats reconnaissent certains efforts locaux.
Nous saluons les projets de réhabilitation des écoles primaires pilotés par le Conseil Régional et la Mairie.
M. Cabral
Un cahier de doléances a été remis au préfet Yacouba Doumbia, chargé de relayer ces demandes aux élus. Parmi les priorités : la « prime d’incitation » réclamée depuis des années pour les enseignants, perçue comme une « injustice sociale ». La libération de Ghislain Assi Dugarry, condamné à deux ans de prison pour fait de grève, a également été réclamée.
Dialogue social et perspectives d’apaisement
Lors de la Fête du Travail à Bouna, le préfet Yacouba Doumbia a appelé à la confiance mutuelle. « Rien ne s’obtient dans le désordre », a-t-il rappelé, saluant « l’esprit d’apaisement des enseignants ». Il a évoqué le « comité consultatif de la fonction publique », mis en place dans le cadre de la trêve sociale 2022-2027, pour examiner les revendications.
Malgré les tensions passées – comme les grèves ayant paralysé certaines régions –, le Bounkani reste un exemple de modération. « Les enseignants ont choisi de donner une chance aux négociations avec le ministère », a souligné M. Cabral. Un équilibre fragile, où l’État promet d’améliorer les conditions de vie des fonctionnaires, tandis que les syndicats guettent des actes concrets.
La Fête du Travail à Bouna 2025 a illustré les tensions entre aspirations légitimes des travailleurs et contraintes institutionnelles. Si les doléances sont nombreuses, l’ouverture au dialogue et les projets en cours offrent une lueur d’espoir. Reste à transformer les promesses en réalités, pour que cette journée symbolique rime avec progrès social durable.
As-Sobour





