L’avenir économique d’une région se construit souvent par l’impulsion donnée à sa jeunesse. C’est dans cette optique que l’Organisation des Petites et Moyennes Entreprises de Côte d’Ivoire (OPMECI) a tenu, le samedi 29 novembre à Bouna, une session majeure dédiée à l’éducation entrepreneuriale. Destinée aux jeunes et porteurs de projets du Bounkani, cette initiative s’inscrit dans une tournée nationale visant à créer un tissu économique local plus résilient et innovant.
Pourquoi miser sur la formation entrepreneuriale en région ?

Le choix de Bouna n’est pas anodin. Il répond à une volonté stratégique de décentraliser les savoir-faire et de positionner les jeunes comme des acteurs clés du développement. Jérémie Kouadio, président national de l’OPMECI, en est convaincu :
Une nation se construit avec des entrepreneurs bien formés. Il est nécessaire de former les acteurs, de les équiper, de les qualifier afin qu’ils deviennent des leviers capables de booster l’économie.
Jérémie Kouadio
Ainsi, cette formation entrepreneuriale se veut être un catalyseur, fournissant les outils théoriques, techniques et moraux indispensables à l’éclosion de projets viables. En somme, il s’agit de poser les fondations d’un entrepreneuriat structuré, directement ancré dans les réalités et besoins locaux.
Un programme de formation entrepreneuriale complet et pragmatique
Au cours de cette journée dense, les participants ont abordé des thématiques fondamentales. L’éducation entrepreneuriale et financière, la gestion d’entreprise ainsi que les valeurs entrepreneuriales ont été au cœur des échanges. Sur ce dernier point, Jérémie Kouadio a été très clair : « Avant de créer une entreprise, il faut cultiver des valeurs solides telles que la discipline, la persévérance, l’honnêteté, la patience et le sens du sacrifice. Sans cela, aucune entreprise ne peut être viable. » Cette approche holistique montre que la formation entrepreneuriale dépasse la simple technique commerciale. Elle inclut une dimension humaine et éthique, essentielle pour une réussite durable.
Par ailleurs, les échanges entre formateurs et participants ont été nombreux. L’ambiance, jugée « plus qu’enrichissante » par le président de l’OPMECI, a permis un partage d’expériences concret. Les autorités locales ont également salué l’initiative. Représentant le préfet de région, le sous-préfet central de Bouna, Boffo Koffi Apollinaire, a affirmé : « Cette tournée est importante parce qu’elle encourage la jeunesse à entreprendre. L’avenir du pays dépend de la promotion des entreprises privées. »
Des retombées concrètes pour l’écosystème local
L’impact d’une telle formation entrepreneuriale se mesure à l’aune des témoignages des bénéficiaires. Pour Diabagaté Siaka, président des entrepreneurs de Bouna, cette session répond à un besoin criant : « Nos jeunes ont des idées, mais manquent souvent d’orientation. Cette initiative leur apporte un cadre, une méthodologie et une motivation nouvelle. » Du côté des participants, l’enthousiasme est palpable. Le jeune Ouattara Hego y voit un « moment décisif » dans son parcours :
J’ai compris que l’entrepreneur doit d’abord se construire lui-même avant de construire son entreprise. Les outils reçus aujourd’hui me donnent le courage de lancer enfin mon projet.
Le jeune Ouattara Hego
Cette action de formation entrepreneuriale à Bouna apparaît comme une étape stratégique. Elle illustre comment un accompagnement ciblé peut fertiliser un écosystème local. Jérémie Kouadio garde une foi inébranlable en la jeunesse du Bounkani : « Si elle met en application les outils reçus, la région verra naître des centaines de petites et moyennes entreprises pour le bonheur des populations. » L’OPMECI, par cette tournée, ne forme pas seulement des entrepreneurs ; elle sème les graines d’une prospérité économique partagée.
Djibril TRAORE





