Le soleil du Bounkani a brillé un peu plus fort du 4 au 5 août dernier sur la sous-préfecture de Niamoué (Doropo). En effet, ces deux jours ont marqué le lancement d’une initiative cruciale : la première session d’une formation soja ambitieuse destinée aux jeunes filles de la région. Pilotée par la Direction Régionale de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Production Vivrière (DRADRPV) du Bounkani, en partenariat stratégique avec l’agence de coopération internationale allemande GIZ, cette action s’inscrit au cœur d’un double objectif : promouvoir l’emploi local et lutter efficacement contre la malnutrition.
- Formation soja : Un levier contre la faim et le chômage
- Les vertus miraculeuses du soja : De la terre à l’assiette
- Au cœur de la formation soja : Théorie et pratique au service des communautés
- Soutien institutionnel et vision économique pour l’emploi des jeunes
- Témoignages et engagement : Les premières graines du changement germent
Formation soja : Un levier contre la faim et le chômage
Au total, ce sont 75 jeunes filles, soigneusement sélectionnées à travers les 15 sous-préfectures du Bounkani (soit cinq par localité), qui bénéficieront de ce programme transformateur. Comme l’a clairement exposé Konan Kouadio Lucien, Directeur Régional de l’Agriculture, lors de la cérémonie d’ouverture présidée par Silué, Sous-préfet de Niamoué, l’ambition dépasse la simple technique. Ainsi, la formation soja est conçue comme un catalyseur de développement intégré.
Cette action vise non seulement à vulgariser la culture du soja, une plante remarquable qui améliore naturellement la fertilité des sols, mais aussi à promouvoir massivement sa consommation dans les ménages pour réduire durablement la malnutrition.
Konan Kouadio Lucien, Directeur Régional de l’Agriculture
Les vertus miraculeuses du soja : De la terre à l’assiette
Monsieur Konan Kouadio Lucien a, par ailleurs, rappelé les fondements scientifiques de cette démarche. Sur le plan agronomique, il a expliqué : « Les racines du soja hébergent des nodules contenant des bactéries du genre Rhizobium. Ces micro-organismes sont capables de capter l’azote atmosphérique, enrichissant ainsi naturellement et gratuitement le sol. Depuis 2020, nous produisons du soja spécifiquement pour restaurer nos terres dégradées. Aujourd’hui, l’étape suivante est cruciale : amener nos populations à le consommer régulièrement. » C’est précisément là qu’intervient la formation soja dispensée aux jeunes filles.
Ensuite, sur le plan nutritionnel, les arguments sont tout aussi convaincants : « Le soja contient entre 36 et 40,3 % de protéines de haute qualité, incluant les huit acides aminés essentiels à l’organisme humain. Pour illustrer, un kilogramme de soja apporte autant de protéines que deux kilogrammes de poisson ou de viande. Autrement dit, même en période de pénurie de protéines animales, celui qui consomme régulièrement du soja préserve sa santé », a martelé le directeur régional. Cette richesse nutritionnelle fait du soja une arme essentielle contre la malnutrition protéino-énergétique.
Au cœur de la formation soja : Théorie et pratique au service des communautés
Concrètement, les deux jours intensifs de formation soja ont combiné savoir et savoir-faire. Tout d’abord, une solide phase théorique a exposé aux participantes les bienfaits incontestables du soja pour la santé et son rôle clé dans l’équilibre alimentaire familial. Ensuite, et c’est là que la magie opère, une phase pratique immersive leur a enseigné la préparation de recettes simples, nutritives et délicieuses :
- Pâté de soja
- Farine de soja
- Sauce graine au soja
- Riz tchèp enrichi au soja
- Kabato (bouillie) au soja
- Lait de soja
« L’objectif est que ces recettes, faciles à reproduire avec des moyens locaux, soient diffusées largement. Ainsi, les jeunes filles formées deviendront des relais essentiels, transmettant leurs acquis à leurs familles et initiant une véritable chaîne de formation soja communautaire et pérenne », a précisé Konan Kouadio Lucien.
Soutien institutionnel et vision économique pour l’emploi des jeunes
Cette initiative bénéficie d’un soutien de poids. Le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, dirigé par le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, a mobilisé 500 hectares de semences de soja pour soutenir la production locale. Les futures récoltes viendront renforcer l’approvisionnement en matières premières et consolider la lutte contre la malnutrition.
De surcroît, l’impact socio-économique est au cœur du projet. Bini Yao, Conseiller technique chargé de la promotion de l’emploi à l’antenne GIZ de Bouna, a insisté sur cette dimension : « Grâce à ce programme, cent jeunes filles au total seront formées et équipées pour s’insérer professionnellement. Notre but est clair : créer des activités génératrices de revenus stables pour ces jeunes filles, souvent déscolarisées, afin qu’elles gagnent en autonomie et deviennent des actrices dynamiques du développement de leur région, le Bounkani. » La formation soja est donc un tremplin vers l’entrepreneuriat féminin.
Témoignages et engagement : Les premières graines du changement germent
L’enthousiasme des participantes est palpable. Adjaratou Ouattara, l’une des jeunes filles formées, témoigne : « Avant cette formation soja, j’ignorais totalement les vertus incroyables du soja et je ne savais absolument pas comment le cuisiner. Maintenant, je maîtrise plusieurs recettes nutritives et je suis impatiente de partager ce savoir précieux dans mon village. Cela peut vraiment améliorer le quotidien et la santé de nombreuses familles. »
Enfin, le Sous-préfet Silué a conclu en adressant ses vives félicitations aux organisateurs et un message fort aux nouvelles ambassadrices du soja : « Vous êtes les pionnières de cette belle aventure. Utilisez avec sagesse et générosité les compétences acquises lors de cette formation soja. Devenez des relais indispensables au sein de vos communautés. C’est ensemble, grâce à votre engagement et à la diffusion de ces connaissances, que nous parviendrons à vaincre la malnutrition et à bâtir un avenir prospère pour le Bounkani. »
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En clôturant l’événement, Konan Kouadio Lucien a tenu à remercier chaleureusement les partenaires décisifs : « Merci au ministre Kobenan Kouassi Adjoumani pour son soutien indéfectible, et à la GIZ pour son appui technique et financier indispensable. Cette synergie exemplaire donne aux jeunes filles du Bounkani les moyens concrets de nourrir sainement leurs familles et de générer leurs propres revenus. » Avec cette formation soja, la DRADRPV et la GIZ sèment les graines d’une transformation durable, tant agricole qu’alimentaire et sociale, plaçant résolument les jeunes filles au volant du progrès dans le Bounkani.
As-Sobour





