Le samedi 10 mai 2025 restera marqué à Gagnoa comme un jour clé pour le Renouveau démocratique. En prélude à la présidentielle d’octobre, Lamoussa Djinko, président du parti, a officiellement remis une moto à la coordination régionale. Cet outil logistique, symbolique d’une campagne terrain, vise à faciliter le déploiement des militants dans les zones rurales. « Notre mission est de porter la voix du Renouveau démocratique partout, même dans les villages les plus reculés », a déclaré Koukougnon Brice, coordonnateur régional, lors de la cérémonie.

A vrai dire, ce don s’inscrit dans une stratégie d’ancrage local, essentielle pour un parti qui mise sur la proximité avec les citoyens. Pour Brice, la moto n’est pas qu’un moyen de transport : c’est un levier pour « vendre l’image de [leur] mentor » et structurer un réseau de « soldats prêts pour la bataille ». Une métaphore guerrière, tempérée par un appel à l’unité : « Mieux vaut aller en guerre avec 10 lions que 1.000 moutons », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de la qualité des équipes sur le terrain.
Le Renouveau démocratique et l’impératif de paix électorale
Au-delà de l’aspect logistique, Lamoussa Djinko a profité de cette rencontre pour rappeler l’urgence d’un processus électoral apaisé. « Notre objectif est que ces élections se déroulent dans la paix et la sérénité », a-t-il insisté, condamnant les violences passées qui ont freiné le développement du pays. Un discours pragmatique, appuyé par un constat sans concession :
Aucune crise ne peut faire avancer le pays. On ne peut pas avoir des crises et espérer développer une nation.
Lamoussa Djinko
C’est pourquoi, le président du Renouveau démocratique lie directement la stabilité politique à l’attractivité économique. Selon lui, l’instabilité chronique « fait fuir les investisseurs », privant la Côte d’Ivoire de ressources vitales. Un message destiné autant à ses militants qu’aux autres acteurs politiques, invités à « discuter des problèmes de fond » pour éviter un nouveau cycle de tensions.
65 ans d’indépendance : le Renouveau démocratique face aux défis nationaux

Interrogé sur le bilan des 65 ans d’indépendance, Lamoussa Djinko dresse un portrait sans fard de la situation ivoirienne. « Nous n’avons pas réussi à nous développer. Nous n’avons toujours pas de cohésion sociale », déplore-t-il, pointant du doigt une responsabilité collective. Pour inverser la tendance, le Renouveau démocratique avance des propositions structurantes :
- Révision des coopérations internationales : renégocier les accords avec la France et la Banque mondiale.
- Réforme des secteurs clés : éducation et santé, piliers d’une société équilibrée.
- Justice transitionnelle : dédommagement des victimes des crises de 2002 et 2010.
« La solution passe par une série de mesures courageuses », affirme Djinko, pour qui le « changement de modèle économique » est incontournable. Une vision qui résonne avec les attentes d’une jeunesse en quête d’emplois et de perspectives.
Vers un nouveau chapitre pour la Côte d’Ivoire ?
Ainsi, le Renouveau démocratique se présente ainsi comme un artisan de conciliation nationale. En refusant que « l’histoire se répète », Lamoussa Djinko appelle à écrire « une nouvelle page », où la présidence ne se construit plus « sur la mort d’individus ». Un idéal qui nécessite, selon lui, un dialogue inclusif et des réformes institutionnelles profondes.
Pour les observateurs, ce positionnement pourrait séduire un électorat lassé des clivages traditionnels. Reste à savoir si les actions sur le terrain, comme celle menée à Gagnoa, suffiront à transformer l’essai en octobre 2025. A lire aussi : Festival de la cohésion sociale: Bouna au cœur de l’événement.
Franck Singa





