Après un quart de siècle d’efforts acharnés, le Nouveau Testament en langue Bhété est désormais disponible. La dédicace de cette œuvre majeure s’est déroulée ce samedi 28 décembre 2024 dans le cadre solennel de la cathédrale Sainte Anne de Gagnoa. Cet événement a rassemblé des cadres, des guides religieux de diverses confessions, et un public venu nombreux pour célébrer ce tournant linguistique et spirituel.
- Comment la traduction du Nouveau Testament en langue Bhété renforce l’évangélisation
- Une œuvre spirituelle et culturelle d’envergure
- L’impact du Nouveau Testament en langue Bhété sur la culture et la foi locale
- Nouveau Testament en langue Bhété : un tournant pour la préservation du patrimoine linguistique

Comment la traduction du Nouveau Testament en langue Bhété renforce l’évangélisation
Le père Louis Joseph Zéhia, curé de la paroisse Sainte Anne, a exprimé sa joie et sa gratitude en ces termes :
Nous sommes au terme d’un grand rêve que nous avons porté il y a un peu plus de 25 ans. Nous avons réalisé la traduction du Nouveau Testament dans la langue Bhété. Cela grâce à l’appui d’hommes et de femmes qui nous ont aidés dans ce travail.
Le père Louis Joseph ZéhiaCe projet, mené en collaboration avec la Société Internationale de Linguistique (SIL), illustre un travail collectif où des traducteurs issus de toutes confessions religieuses ont uni leurs compétences. Selon Jean Luc Bridonneau, directeur de la SIL, la contribution de son organisation s’est située à plusieurs niveaux :
- Formation des traducteurs
- Conseil et vérification des textes
- Encadrement administratif et recherche de financements
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Ce processus rigoureux a permis de produire une traduction en Gbadi, l’une des sept variantes du Bhété. Ce choix, comme l’a expliqué Yves Kouyo, président de l’Association Azodé, s’imposait naturellement :
La langue utilisée ici à Gagnoa pour célébrer les messes et dans les chansons, c’est le Gbadi.
Yves KouyoUne œuvre spirituelle et culturelle d’envergure
Au-delà de son caractère religieux, cette traduction du Nouveau Testament en langue Bhété marque un tournant culturel. Pour le ministre Vincent Pierre Lokrou, représentant du collectif des cadres de Gagnoa :
« C’est une œuvre spirituelle mais aussi une œuvre culturelle de grande valeur. Cela nous concerne tous, même si nous ne sommes pas tous catholiques. »
La remise symbolique d’un exemplaire du Nouveau Testament à des représentants de différentes églises a souligné le caractère inclusif et interconfessionnel de ce projet.
L’impact du Nouveau Testament en langue Bhété sur la culture et la foi locale
Le père Zéhia a insisté sur l’importance de cette initiative pour l’évangélisation :
« La traduction du nouveau Testament en langue Bhété facilitera l’évangile et permettra de pêcher des âmes. »
Il a également exhorté les fidèles à ne pas se limiter à lire cette Bible en Bhété, mais à appliquer les enseignements qu’elle contient.
Pour Yves Kouyo, cette traduction est une invitation à une revalorisation de la langue et de la culture Bhété. Il appelle à lire et écrire en Bhété, rappelant que cet outil peut renforcer l’identité culturelle du peuple.
Nouveau Testament en langue Bhété : un tournant pour la préservation du patrimoine linguistique
La traduction du Nouveau Testament en langue Bhété illustre l’impact des efforts collectifs dans la promotion des langues locales. Les acteurs impliqués, de la SIL au collectif des cadres de Gagnoa, ont prouvé que foi et culture peuvent coexister et se renforcer mutuellement.
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Cette étape historique marque le début d’une nouvelle ère où « Jésus parle Bhété », comme l’a exprimé Jean Luc Bridonneau. Le peuple Bhété dispose désormais d’un outil pour approfondir sa foi tout en préservant son patrimoine linguistique.
Cette dédicace du nouveau Testament en langue Bhété, au-delà de son importance religieuse, incarne un jalon clé dans la valorisation des langues locales en Côte d’Ivoire, rappelant à tous l’importance de préserver et de transmettre le patrimoine culturel.
Franck Singa





