Dans une atmosphère préélectorale souvent marquée par des tensions, la police nationale intensifie ses actions de sensibilisation à travers l’opération « police de proximité », visant à prévenir la violence électorale. C’est dans ce cadre que le préfet de police de Gagnoa, Boa Kouassi Jean, accompagné de ses collaborateurs et du secrétaire général de la préfecture, Bernard Assamoi, s’est rendu à Guibéroua pour échanger avec les populations.

Prévenir la violence électorale dans les zones à risque
Face à un auditoire attentif réuni au foyer polyvalent de la ville, le préfet de police a insisté sur l’impact néfaste des rumeurs en période électorale. « Une rumeur, c’est une information non vérifiée qui circule rapidement et crée des tensions inutiles », a-t-il souligné. Il distingue plusieurs types de rumeurs — politiques, économiques, sécuritaires et surtout électorales — qui, selon lui, nourrissent la peur et fragilisent la cohésion sociale.
Le message est clair : la lutte contre la violence électorale passe par une meilleure gestion de l’information et un partenariat entre citoyens et forces de l’ordre. Boa Kouassi Jean appelle ainsi à la prudence face aux intoxications :
Après les élections, nous devons continuer à vivre ensemble, en paix.
Boa Kouassi Jean
Le rôle de la police dans la lutte contre la violence électorale
Le commissaire de police de Guibéroua, Bakary Bamba, a pour sa part abordé la thématique : « La contribution des populations pour des élections apaisées à Guibéroua ». Il rappelle que la localité connaît des tensions récurrentes à chaque scrutin. Selon lui, il est urgent de changer de paradigme en instaurant une culture de paix et de dialogue. Il en appelle aux chefferies traditionnelles pour jouer un rôle actif dans la prévention des conflits : « Le chef doit garantir un environnement sécuritaire durable », insiste-t-il.
Par ailleurs, il assure que la police est prête, avec les moyens opérationnels nécessaires, à sécuriser le processus électoral. Mais au-delà de la répression, l’accent est mis sur la prévention : « Préserver la paix, respecter les urnes, adopter un comportement citoyen », sont les consignes adressées aux habitants. Il encourage également un engagement collectif pour assurer la réussite du processus démocratique.
L’impact des rumeurs sur la violence électorale
Autre axe abordé durant cette journée, le lien entre drogue et criminalité, développé par Lacombe Kouamé, chef d’antenne régionale de la police des stupéfiants et drogues. En s’appuyant sur l’exemple des Kuluna en République démocratique du Congo, il démontre que la consommation de stupéfiants, en particulier le cannabis, alimente la violence chez les jeunes, renforçant ainsi le climat d’insécurité.
« La présence du drogué crée un malaise dans les quartiers. Et c’est souvent dans ces contextes que surgissent les actes de violence, y compris la violence électorale », prévient-il. Il annonce que la sensibilisation laisse désormais place à la répression, et que la prochaine étape de la caravane policière se déroulera à Oumé.
Franck Singa





