Le lundi 26 mai 2025, à Abidjan, Jean-Louis Billon a marqué les esprits lors d’une conférence de presse en appelant à une « convention » urgente au sein du PDCI-RDA. Objectif : trancher rapidement sur le choix du candidat pour la présidentielle du 25 octobre. « Le PDCI ne peut rester en marge de 2025. Ce serait une catastrophe », a-t-il insisté, soulignant le risque d’affaiblissement du parti historique fondé par Félix Houphouët-Boigny.
En effet, Jean-Louis Billon, déjà candidat déclaré, a réaffirmé sa volonté de porter les couleurs du PDCI-RDA. « Je suis candidat pour le peuple et pour mon parti », a-t-il martelé, dénonçant au passage les « résistances internes » à sa démarche. Une référence voilée aux tensions avec une frange du parti, sceptique face à sa légitimité.

Une candidature ancrée dans les valeurs houphouëtistes : Jean-Louis Billon s’engage
De plus, Jean-Louis Billon ne manque pas de rappeler son attachement indéfectible au PDCI-RDA. « Je demeure militant de ce parti. Les militants peuvent me faire confiance, je ne trahirai pas nos devanciers », a-t-il déclaré, en hommage aux fondateurs. Son projet politique, axé sur la « justice, la souveraineté et le progrès », se veut un héritage modernisé des principes houphouëtistes.
Pourtant, sa candidature divise. Certains cadres du parti lui reprochent une ambition perçue comme individualiste, ce que l’intéressé balaie d’un revers de main : « Ma démarche est une question de souveraineté pour le PDCI-RDA ». Un message clair destiné à rassurer les bases, dans un contexte où l’unité du parti est fragilisée.
Contexte interne : entre résistances et incertitudes juridiques
La situation du PDCI-RDA est d’autant plus complexe que son président, Tidjane Thiam, fait face à des défis juridiques. Confirmé à la tête du parti le 22 mai 2025 par la justice, ce dernier voit cependant son éligibilité remise en cause : un tribunal a exigé le retrait de son nom des listes électorales, suite à une plainte de la militante Valérie Yapo sur sa nationalité.
Cette instabilité interne pourrait profiter à Jean-Louis Billon, dont l’appel à une convention vise aussi à redynamiser le parti. « Le PDCI doit se réorganiser », insiste-t-il, alors que les militants réclament une direction claire à cinq mois du scrutin.
Alors que la présidentielle ivoirienne s’annonce serrée, Jean-Louis Billon incarne à la fois l’espoir d’un renouveau pour le PDCI-RDA et le symbole de ses divisions. Sa détermination à concourir sous la bannière houphouëtiste, malgré les obstacles, révèle un enjeu majeur : celui de la survie politique d’un parti centenaire à l’heure des défis contemporains. A lire aussi : Assemblées annuelles 2025 de la BAD : Akinwumi Adesina dresse un bilan décennal transformateur.
Jean Michel





