Le processus de renouvellement des instances de la jeunesse communale à Korhogo, étape cruciale pour la représentativité des jeunes au niveau local, est actuellement marqué par de vives tensions. L’élection des présidents de jeunes des quartiers et villages rattachés à la commune, organisée le samedi 5 avril 2025 sous l’égide de la Fédération Nationale des Unions de Jeunesse de Côte d’Ivoire (FENUJECI), est loin d’avoir fait l’unanimité. Au contraire, elle a semé les graines d’une division profonde.

Les dernières nouvelles sur la jeunesse communale à Korhogo
Dès le lendemain du scrutin, un « collectif (56) des candidats et leaders pour la sauvegarde de la cohésion des jeunes à Korhogo » a exprimé son mécontentement lors d’un point de presse. Selon leur porte-parole, Hamed Songuifolo Koné, également président des jeunes du quartier ‘Bad’, l’exercice démocratique s’est transformé en « véritable désillusion » en raison de multiples irrégularités.
Parmi les griefs majeurs figure la « multiplicité des listes électorales ». Hamed Songuifolo Koné cite l’exemple frappant du quartier Tchékélézo où trois listes différentes auraient circulé, passant de 130 à 186, puis 201 électeurs. À cela s’ajoute « la publication tardive des listes électorales définitives », parfois seulement quelques heures avant le début du vote (à 4h du matin pour un scrutin prévu à 8h), en contradiction avec le chronogramme préfectoral.
Le collectif dénonce également « l’absence totale de période de contentieux ou de validation formelle des listes », leur non-consolidation par toutes les parties, et « l’exclusion illégale et discriminatoire de nombreux candidats ». Plus grave encore, le porte-parole s’indigne de la découverte d’électeurs « remplacés par des élèves […] ne résidant pas » dans certains quartiers comme Sozoribougou, qualifiant ce phénomène de « transhumance électorale« . Pour le collectif, ces éléments témoignent d’une « volonté manifeste de mise en place d’un processus électoral biaisé, confligène et anti-démocratique », mettant en péril la cohésion sociale à Korhogo.
Les revendications pour une sortie de crise
Face à cette situation, le collectif, tout en se disant ouvert au dialogue, pose des exigences claires pour un retour à la normale. Il réclame : La mise en place d’un comité local électoral « inclusif et consensuel », la reprise intégrale des élections avec des listes électorales validées par tous, la réintégration des candidats jugés « illégalement exclus » et une adéquation stricte entre les listes définitives et les détenteurs réels de cartes de vote pour éviter les fraudes.
Le collectif a sollicité une audience auprès des autorités administratives compétentes pour discuter de ces points, tout en précisant refuser « toute négociation de nature à consolider ces résultats proclamés ».
Vers un « bicéphalisme » au sein de la jeunesse communale à Korhogo ?
Dans une démarche symbolique forte, Hamed Songuifolo Koné a procédé à « l’investiture symbolique et solennelle des candidats injustement écartés ou spoliés de leur victoire ». Cette action vise à créer une dynamique alternative et à jeter les bases d’un « Conseil légitime de la jeunesse communale à Korhogo« , débarrassé des influences « claniques et politiciennes ».
Droits de douane : les magnats de la tech et du pétrole dans l’œil du cyclone
Les slogans scandés lors du point de presse (« Non à la confiscation de la voix des jeunes », « Non à la transhumance électorale« , « Oui à une jeunesse forte, digne et responsable ») illustrent la détermination du collectif à ne pas reconnaître les instances issues de ce scrutin contesté. La situation actuelle fait craindre l’émergence d’un bicéphalisme au sein de la structure de la jeunesse, avec deux légitimités concurrentes, ce qui ne ferait qu’affaiblir la voix des jeunes et fragiliser davantage la cohésion sociale dans une ville à la symbolique importante pour la Côte d’Ivoire.
L’avenir de la jeunesse communale à Korhogo dépendra de la capacité des différentes parties prenantes et des autorités à trouver une solution rapide et consensuelle à cette crise post-électorale.
Georges Samba, correspondant régional





