De 2005 à 2025, deux décennies se sont écoulées, marquant une étape significative dans la carrière de Kouamé Kouassi Serge, plus connu sous son nom d’artiste, Kakaès. Ce peintre talentueux et professeur d’arts plastiques a choisi la peinture comme principal moyen d’expression. Pour commémorer cet anniversaire marquant, Kakaès organise une exposition d’œuvres d’art du 22 au 24 Mai 2025 à Gagnoa, sous le thème évocateur : « 20 ans de peinture, le batiforisme toujours en action ».

Le parcours inspirant de Kakaès : deux décennies de passion
Lors de la cérémonie d’ouverture, Kakaès, surnommé « le père de l’aigle », a partagé l’importance de l’année 2025. « 2005 marque un tournant décisif dans mon parcours artistique. C’est là que paraissait le premier article de presse sur moi. Bien avant cela, je participais à des événements culturels à Abidjan », a-t-il confié. Pour Kakaès, ces 20 ans de peinture méritent une célébration : « Il est temps de marquer une pause, de faire le bilan et partager ce chemin avec ceux qui nous ont soutenus et inspirés ».
Le chemin n’a pas toujours été simple. « Notre parcours artistique n’a pas été facile. Il a fallu de la détermination, du courage et beaucoup de foi. À travers les embûches et les moqueries, nous avons persisté », a soutenu le professionnel des arts, jugeant son bilan positif. Il a ajouté avec conviction : « Aujourd’hui nous pouvons affirmer que l’art nourrit son homme ».
Le batiforisme de Kakaès : quand l’art rencontre l’écologie
Kakaès a également éclairé le public sur le « batiforisme », une tendance culturelle qu’il a embrassée durant ses années universitaires. Cette approche unique consiste à redonner vie aux objets de récupération, notamment les cartons d’emballage, qu’il transforme en tableaux saisissants. « Le batiforisme prône l’excellence, la créativité et l’ingéniosité », a expliqué l’exposant. L’origine du terme est poétique : en ramassant les cartons dans les rues pour les recycler, on trouve que l’enfant est fort, ce qui se traduit par « batifor » en langue Baoulé, sa langue maternelle. En y ajoutant le suffixe « isme », le batiforisme est né.
Au-delà de la dimension artistique, Kakaès souligne l’impact environnemental de sa démarche. « Je suis un artiste environnementaliste qui contribue à l’assainissement de l’environnement. C’est ce que nous prônons. C’est pourquoi nous ramassons tout ce qui participe à la pollution de notre milieu, pour leur donner une nouvelle vie dans nos œuvres d’arts », a noté le directeur de la galerie ‘Bonart’.
Des soutiens précieux pour une vision artistique engagée
L’événement a bénéficié de la présence et du soutien de personnalités locales. Yao Mickael, représentant du directeur régional de la culture et de la francophonie et président de la cérémonie, a témoigné : « Nous soutenons tous ceux qui valorisent la culture. Je fonde l’espoir que cet anniversaire marque le début d’une ère nouvelle d’innovation et de prospérité au profit des arts et de la culture dans la région ».
Marie France Aman, épouse Tano, représentante de la marraine, a exprimé son admiration pour l’artiste : « J’ai été séduite par la beauté de ses œuvres et sa technique de travail dont le souci majeur est la protection de l’environnement. Cette technique qui consiste à récupérer les cartons d’emballage pour les transformer en tableau ne laisse personne indifférent. Je suis engagée à le soutenir ».
Une centaine de tableaux attendent le grand public lors de cette exposition, qui se tiendra dans les locaux de la chambre de commerce et d’industrie de Gagnoa. Un rendez-vous incontournable pour découvrir l’univers foisonnant de Kakaès et célébrer deux décennies d’un art porteur de sens. A lire aussi : Barrage multi-usages de Noumbiel: un projet structurant pour la région du Bounkani.
Franck Singa





