La commune de Korhogo, située au nord de la Côte d’Ivoire, traverse une période électorale tendue. Alors que les élections FENUJECI doivent désigner les représentants de la jeunesse communale en avril 2025, un collectif de jeunes regroupant les 83 quartiers, sous-quartiers et villages rattachés à la commune réclame un report du scrutin après les élections présidentielles d’octobre 2025. Une demande motivée par des craintes de division sociale et des dysfonctionnements organisationnels.

Une conférence de presse pour alerter sur les risques des élections FENUJECI
Mercredi 19 mars 2024, les leaders du collectif ont tenu une conférence de presse pour exposer leurs inquiétudes. Cette initiative fait suite à une rencontre en huis clos avec le préfet de région Ekponon André Assomou, en présence du 7ᵉ adjoint au maire, du Directeur Régional de la Jeunesse et du préfet de police. Lors de cette réunion de deux heures, une pétition intitulée « Déclaration pour la Transparence et la Bonne Organisation des Élections de la Jeunesse Communale à Korhogo » a été remise aux autorités.
Nous avons exprimé notre profonde inquiétude face aux nombreuses irrégularités constatées dans l’organisation des élections. Korhogo est une zone sensible pour la stabilité du pays, et nous refusons de reproduire les divisions de 2000.
Kolothioloman Silué, porte-parole du collectif
Des irrégularités qui menacent la crédibilité du scrutin
Le collectif dénonce plusieurs anomalies compromettant la transparence et l’équité du processus électoral. Ce sont : l’indisponibilité des cartes d’électeurs FENUJECI, les délais trop courts pour le dépôt des candidatures, l’absence de quartiers et villages dans la liste électorale, l’inexistence d’un comité d’organisation officiel identifié et d’un arrêté préfectoral validant le processus.
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« Ces dysfonctionnements créent un climat de défiance. Sans correction, ils risquent d’envenimer les relations entre jeunes et d’affaiblir la cohésion communale », a insisté Kolothioloman Silué.
Un report pour préserver l’unité en période électorale nationale
Face à ces enjeux, le collectif plaide pour un report responsable. « Nous ne sommes pas contre les élections, mais nous demandons un délai après la présidentielle de 2025. Le ministre Touré Mamadou a déjà reporté les élections du CNJCI pour cette raison. Korhogo doit suivre cet exemple », a justifié le porte-parole.
Les jeunes soulignent également l’importance d’une jeunesse unie en vue des présidentielles. « En 2025, notre pays aura besoin de stabilité. Organiser des élections communales conflictuelles maintenant serait une erreur », a-t-il ajouté.
Un enjeu de mémoire : 24 ans sans élections locales
Il faut rappeler que la dernière élection de la jeunesse communale à Korhogo remonte à 24 ans. Ce contexte rend d’autant plus cruciale la nécessité d’un processus intègre. « Après deux décennies d’attente, nous méritons des élections transparentes, pas une course précipitée », ont insisté les membres du collectif.
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Georges Samba, Correspondant régional





