La traditionnelle danse du Kroubi, pilier culturel de Bondoukou, a pris un nouveau souffle le dimanche 9 mars 2025. L’esplanade d’Imamso a vibré au rythme d’une cérémonie innovante, marquant une étape décisive dans la lutte contre la déforestation. L’événement, honoré par la présence du ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, a mis en lumière une initiative audacieuse : le remplacement des échafaudages en bois traditionnels par des structures métalliques durables.
- La danse du Kroubi : entre tradition, modernité et engagement écologique
- Comment la danse du Kroubi de Bondoukou contribue-t-elle à la lutte contre la déforestation ?
- L’adoption de structures métalliques : une solution durable
- Un soutien politique et communautaire fort
- Un impact positif ressenti par les bénéficiaires

La danse du Kroubi : entre tradition, modernité et engagement écologique
L’objectif ? Préserver le patrimoine forestier du Gontougo, durement touché par des décennies d’abattage d’arbres nécessaires à la construction des « Kpata », ces échafaudages où les danseurs du Kroubi expriment leur art.
C’est dans ce contexte que Mory Kamagaté, cadre du Trésor et initiateur du projet, a ouvert les festivités avec un discours passionné, soulignant la nécessité d’allier tradition et innovation. « Nous sommes réunis pour écrire une nouvelle page de notre héritage : préserver la danse sacrée du Kroubi tout en sauvant nos forêts », a-t-il déclaré, acclamant les femmes à l’occasion de la journée internationale de la femme, et rappelant l’importance de transformer chaque geste en un symbole de durabilité avec le soutien du Ministre d’Etat, Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre de l’agriculture, du développement rural et des productions vivrières, patron de la cérémonie.

Comment la danse du Kroubi de Bondoukou contribue-t-elle à la lutte contre la déforestation ?
Ainsi, l’initiative de M. Mory Kamagaté répond à une préoccupation majeure. Comme il l’a expliqué, chaque édition du Kroubi impliquait l’abattage de 2100 arbres, soit un total alarmant de 42 000 arbres détruits en 20 ans. Cette déforestation massive contribue au réchauffement climatique et menace l’écosystème du Zanzan.
Un arbre tombé est un ancêtre oublié, a rappelé M. Kamagaté, un adage fort qui illustre la profonde connexion entre la culture et l’environnement.
Mory Kamagaté
L’adoption de structures métalliques : une solution durable
Face à cette situation critique, M. Kamagaté a mis en place une solution concrète : fournir des structures métalliques aux quatorze organisations de Kroubi de Bondoukou. Ce matériel durable, selon ses dires, garantit « une très bonne célébration » tout en contribuant à la sauvegarde du patrimoine forestier.

Le ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani a salué l’initiative de M. Kamagaté, la qualifiant d' »acte salvateur pour la préservation de la nature et de notre environnement ». Il a souligné l’urgence d’harmoniser les activités humaines avec la protection de la nature, en mettant en garde contre les conséquences désastreuses du changement climatique sur l’agriculture et l’environnement.
Lorsque la nature n’est pas protégée, tout ce que nous cultivons ne peut réussir.
Le ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani
Un soutien politique et communautaire fort
Le projet a été salué par de nombreuses personnalités locales, notamment les députés Maïzan Koffi Noël, Mamah Diabagaté, Kra Paulin et Inoussou Kouandi, ainsi que le maire Anzoumana Ouattara. Le parrain de la cérémonie, Monsieur Assahoré Konan Jacques, Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Ecologique, était représenté par son Directeur Régional du GONTOUGO. Tous ont reconnu l’importance de cette initiative pour l’avenir du Kroubi et de l’environnement du Gontougo.


Un impact positif ressenti par les bénéficiaires
Mme Ouattara Korotoum, surnommée Boundiara et porte-parole des bénéficiaires, a exprimé sa gratitude pour ce « don salvateur ». Elle a souligné que les nouvelles structures en fer libèrent les organisateurs des conflits avec les agents des Eaux et Forêts, préservent des milliers d’arbres et renforcent le tourisme éco-responsable. « Désormais, nos danses s’élèveront sur des structures en fer, durables et respectueuses de la Terre », s’est-elle réjouie. La cérémonie s’est achevée par un planting d’arbres.
L’initiative de Mory Kamagaté est un exemple inspirant de la manière dont la tradition et l’innovation peuvent s’unir pour préserver l’environnement. La danse du Kroubi à Bondoukou, autrefois une source de déforestation, est désormais un symbole de durabilité et de respect de la nature. Avec le soutien des acteurs locaux et l’engagement de la communauté, ce projet promet un avenir plus vert pour le Gontougo.

Jean Michel





