La solution à deux États s’impose de nouveau comme sujet central des débats internationaux. En effet, la France, accompagnée de pays européens, a officiellement annoncé sa reconnaissance d’un État palestinien lors d’un sommet à New York. Cette initiative, coprésidée par la France et l’Arabie saoudite, accentue l’isolement diplomatique d’Israël au moment où la guerre à Gaza continue de provoquer des tensions mondiales.
Emmanuel Macron plaide pour la solution à deux États
Lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron a rappelé que la solution à deux États est, selon lui, « la seule voie » pour garantir la paix durable au Proche-Orient. Le président français a souligné que cette décision ne retire rien aux droits du peuple israélien, mais qu’elle constitue au contraire une « défaite pour le Hamas ». Il a insisté sur l’importance de préserver la coexistence entre Israël et la Palestine dans un climat de paix et de sécurité.
António Guterres : une solution incontournable
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a jugé la situation à Gaza « intolérable ». Il a affirmé que la solution à deux États représente la seule issue viable au conflit. Selon lui, la création d’un État palestinien ne doit pas être perçue comme une récompense, mais comme un droit légitime. Sans cette reconnaissance, il n’y aura « pas de paix » dans la région.
Soutiens européens et critiques israéliennes
Le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal ont également exprimé leur reconnaissance au cours du week-end précédent, rejoignant ainsi plus de 145 pays qui reconnaissent déjà l’État palestinien. Toutefois, cette décision reste essentiellement symbolique tant que les États-Unis maintiennent leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU.
Côté israélien, la réaction a été immédiate et virulente. L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a dénoncé une « mascarade » et reproché à Emmanuel Macron de « laisser les otages derrière lui ». De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que la création d’un État palestinien mettrait « en danger l’existence d’Israël ». Quant au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, il a appelé à des « contre-mesures immédiates », notamment l’application de la souveraineté israélienne en Cisjordanie.
Les États-Unis, un acteur incontournable
L’absence des États-Unis à ce sommet met en évidence les limites de cette initiative. Washington, fidèle allié d’Israël, continue de bloquer toute avancée vers la solution à deux États au Conseil de sécurité. Comme le souligne Daniel Forti, analyste au Crisis Group, cette vague de reconnaissances démontre surtout à quel point Israël et les États-Unis restent isolés sur cette question face au reste du monde.
Une reconnaissance symbolique mais stratégique
L’Élysée a précisé que la reconnaissance de l’État palestinien s’accompagne d’engagements concrets de la part de l’Autorité palestinienne, tels qu’une réforme du système scolaire, une nouvelle loi sur les prisonniers et la préparation d’élections plus transparentes. L’objectif est d’utiliser la reconnaissance comme levier diplomatique pour relancer le processus de paix.
La solution à deux États face aux incertitudes
Cependant, après des années de violences à Gaza et l’expansion des colonies en Cisjordanie, la faisabilité de la solution à deux États suscite de fortes inquiétudes. Malgré cela, la reconnaissance de la Palestine par la France et ses partenaires européens redonne une visibilité à cette option diplomatique, longtemps reléguée au second plan.
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La décision de la France et de plusieurs pays européens de reconnaître officiellement un État palestinien remet la solution à deux États au centre du jeu diplomatique. Même si ce geste reste symbolique sans l’appui des États-Unis, il témoigne d’une volonté politique claire : rouvrir le dialogue en vue d’une paix durable entre Israéliens et Palestiniens.
Jacques Anderson





