Le sommet ordinaire de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tenu le dimanche 15 décembre 2024 à Abuja, a acté la prochaine sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO. Une période transitoire de six mois s’ouvrira le 29 janvier 2025 pour gérer les conséquences de cette décision historique, notamment sur les plans logistique et sécuritaire. Malgré des efforts de médiation initiés par le Sénégal et le Togo, la séparation définitive est prévue pour le 30 juillet 2025.

Transition de six mois pour la sortie du Mali, Burkina Faso et Niger de la CEDEAO.
La décision des trois pays sahéliens a été formellement prise en compte par la CEDEAO. Une période transitoire de six mois débutera le 29 janvier 2025 pour permettre aux parties prenantes de s’adapter. Selon Omar Alieu Touray, président de la Commission de la CEDEAO, cette période sera cruciale pour organiser les aspects logistiques et humains du départ, notamment le sort des salariés contractuels originaires de ces pays et la relocalisation des agences communautaires implantées au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
À titre d’exemple, la situation rappelle le retrait de la Mauritanie en 2000, une expérience qui guidera l’application des textes en vigueur. Cependant, les défis actuels sont exacerbés par le contexte sécuritaire critique dans la région du Sahel, où les trois pays sortants sont confrontés à des insurrections djihadistes.

Une médiation encore possible pour éviter la sortie définitive du Mali, Burkina Faso et Niger de la CEDEAO
Malgré l’annonce officielle de départ, les chefs d’État de la CEDEAO laissent la porte ouverte à une éventuelle réintégration. À l’initiative du Sénégal et du Togo, une médiation se poursuivra durant la période transitoire pour tenter de convaincre le Mali, le Burkina Faso et le Niger de revenir sur leur décision. Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, a déclaré que cette initiative vise à « préserver l’unité et la stabilité de l’Afrique de l’Ouest face à des menaces communes ».
Cependant, les divergences politiques entre les pays sahéliens, dirigés par des juntes militaires, et les membres restants de la CEDEAO complexifient les négociations. Ces tensions reflètent un fossé grandissant au sein de l’organisation sur la gouvernance démocratique et les priorités sécuritaires.
Les implications sécuritaires
La sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO aura un impact majeur sur les efforts de lutte contre le terrorisme dans la région. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO pourrait affaiblir la coordination régionale face aux groupes armés. Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, a souligné que « cette division risque de profiter aux forces déstabilisatrices ».
En outre, la CEDEAO devra revoir ses stratégies pour combler le vide laissé par ces pays. Cela inclut la réorganisation des forces militaires communes, comme l’ECOMOG, qui jouaient un rôle clé dans les opérations antiterroristes.
Décision historique : sortie du Mali, Burkina Faso et Niger de la CEDEAO
Sauf revirement, la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO sera actée à partir du 30 juillet 2025. Ce départ marque une étape historique pour la CEDEAO, qui perdra trois de ses membres fondateurs. Il s’agit également d’un signal fort des défis liés à la gouvernance, à la solidarité régionale et à la gestion des crises dans une région en proie à des turbulences multiples.
Les chefs d’Etat de la Cedeao réunis en sommet à Abuja
La CEDEAO, sous la direction d’Omar Alieu Touray, devra démontrer sa capacité à surmonter cette fracture tout en maintenant son rôle de pilier de l’intégration et de la coopération ouest-africaine.
Alfred Zeus





