Dans un contexte ivoirien marqué par des tensions politiques croissantes, l’église Déhima de Gagnoa élève la voix pour prêcher la concorde. À l’occasion du carême 2025 de l’église Déhima, Pawaba Allégué, guide religieux de la communauté, a adressé un message pressant aux acteurs politiques. « Cette année, nous ne voulons plus de guerre parce que nous sommes fatigués », a-t-il déclaré avec fermeté le jeudi 26 juin 2025.
Profitant de cette période spirituelle cruciale, il a plaidé pour le dialogue : « Il faut que les acteurs politiques s’entendent. On sait quand la guerre commence mais on ne sait pas quand elle finit. Donc pour cette année, il faut qu’il y ait une élection apaisée. Qu’on permette à ceux qui veulent être candidat, de se présenter. Seul Dieu sait celui qu’il va choisir pour diriger la Côte d’Ivoire. »
Pawaba Allégué, dont le nom à l’état civil est Brokou Zakri Allégué, agit avec la bénédiction de la cheffe suprême de l’église, la prophétesse Baguehonon. Avant même le début du carême Déhima, il avait entamé une tournée nationale de prières pour la paix, muni de son bâton de pèlerin. Cette mission l’a conduit de sa congrégation de Dougroupalégnoa (département de Gagnoa) jusqu’à Agonda. Il a temporairement interrompu son périple pour observer le carême 2025 de l’église Déhima aux côtés de ses fidèles, reprenant sa tournée prévue à Duékoué dès la fin de cette période sacrée.
Les pratiques sacrées du carême 2025 de l’église Déhima
Le carême Déhima, qui a débuté le 26 mai 2025 (correspondant à la 6e lunaison de l’année), représente un pilier central de la foi pour les fidèles. Cette quête de purification impose des pratiques rigoureuses et des interdits stricts. Pawaba Allégué en souligne le caractère profondément pénitentiel :
Pendant les 12 mois de l’année, on a péché. Il faut donc demander pardon à Dieu pour être lavé de tout péché, c’est une repentance.
Pawaba Allégué
L’engagement pendant le carême 2025 de l’église Déhima est total. Les fidèles consacrent des heures intenses à la prière, souvent au détriment du sommeil. « On prie de 22h jusqu’au petit matin. La messe de nuit est obligatoire pour le fidèle Déhima », précise Allégué. Ils observent également plusieurs privations : abstinence sexuelle, éviter les conflits (« palabres »), et proscription totale de la viande. Le repos nocturne est lui-même contraint : les fidèles ne doivent dormir qu’au sein de l’église durant cette période.
Les bienfaits spirituels du carême pour les fidèles
Malgré ces exigences, l’observance du carême 2025 de l’église Déhima est vécue comme une source de grâces et de renouveau profond. Pawaba Allégué décrit les transformations positives attendues : « Celui qui a observé le carême doit sentir un changement positif en lui. Il renait de nouveau, lavé et purifié. Il a une grâce autour de lui et tout ce qu’il fait prospère. »
Ainsi, le carême 2025 de l’église Déhima transcende la simple observance religieuse. Il est un temps de purification individuelle, mais aussi un moment collectif où la communauté élève ses prières les plus ferventes pour la paix nationale et l’unité de la Côte d’Ivoire, portant un message d’espoir bien au-delà de ses murs. A lire aussi : Lutte contre la traite des personnes à Bouna : la justice en première ligne face au fléau frontalier.
Franck Singa





