L’actualité politique ivoirienne bat son plein dans le Poro. Alors que les élections législatives du 27 décembre 2025 approchent à grands pas, les candidats multiplient les rencontres pour convaincre. Dans ce paysage électoral animé, un événement a particulièrement retenu l’attention : la rencontre entre le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, et l’ensemble des 234 chefs traditionnels de la sous-préfecture de Korhogo.
Cette assemblée, placée sous l’autorité morale de sa majesté Issa Coulibaly, chef de canton et premier vice-président de la Chambre des Rois et Chefs Traditionnels, avait un double objectif. Il s’agissait bien sûr de présenter la candidature RHDP du ministre, mais surtout de réaffirmer un engagement commun pour le maintien de la cohésion sociale.
Une annonce et un hommage : la double mission d’Amadou Coulibaly
La rencontre de ce dimanche 23 novembre 2025 n’était pas une simple formalité. Amadou Coulibaly, candidat à sa propre succession, a tenu à inscrire sa démarche dans une continuité républicaine et respectueuse des usages. Ainsi, la première raison de ce rassemblement était de transmettre, de vive voix, les remerciements du président Alassane Ouattara aux autorités coutumières pour leur rôle lors de l’élection présidentielle du 25 octobre. Cette marque de considération renforce le lien entre l’État et les gardiens de la tradition.
Par ailleurs, profitant de cette présence massive, le chef de canton Issa Coulibaly a annoncé aux 234 chefs la candidature officielle du ministre. Amadou Coulibaly a ainsi présenté son hommage et sa candidature, désignée par le RHDP pour représenter le parti dans une circonscription bien particulière.
En effet, il a précisé que la « sous-préfecture de Korhogo » est une appellation abusive, puisqu’elle regroupe en réalité près de cinq sous-préfectures pour un électorat d’environ 36 000 électeurs. Cette annonce solennelle dans ce cadre illustre l’importance stratégique de la chefferie dans la légitimité des candidats et la nécessité de fédérer autour d’un projet commun pour préserver la cohésion sociale.
Le rôle du député : un pilier pour la stabilité nationale
Au-delà de l’annonce de candidature, un point essentiel a été abordé : le rôle et la mission d’un député. Amadou Coulibaly, accompagné de son suppléant Émile Soro, a tenu à apporter des éclaircissements pédagogiques sur cette fonction souvent méconnue. Le député est avant tout le représentant du peuple à l’Assemblée nationale. Sa mission principale est de voter les lois, mais aussi de porter des textes qui émanent des aspirations des populations qu’il représente.
De plus, une communication permanente avec les citoyens est fondamentale pour le bon fonctionnement de la démocratie. Cependant, M. Coulibaly et son suppléant ont tenu à lever une ambiguïté persistante. Les réalisations matérielles que peut initier un élu dans sa circonscription relèvent souvent de son engagement personnel en tant que fils de la région, ou des relations qu’il a pu tisser. Il est crucial de distinguer cet engagement citoyen du rôle strictement législatif défini par la loi. Cette clarification vise à éviter toute confusion et à renforcer la confiance, un élément indispensable à la cohésion sociale.
L’appel à la paix : les chefs traditionnels, garants de la cohésion sociale
Dans un contexte électoral parfois tendu, la question de la paix est au cœur de toutes les préoccupations. Interrogé sur le message spécifique adressé aux chefs, Amadou Coulibaly a rappelé un fait marquant : la région du Poro a toujours connu des élections pacifiques depuis l’avènement du multipartisme. Les violences électorales, qui ont pu exister par le passé, étaient liées à des rivalités internes antérieures à cette ère.
Par conséquent, l’appel lancé aux chefs traditionnels est simple et direct : poursuivre leur investissement dans leur rôle de faiseurs de paix. Le président de la République a renforcé leur légitimité en leur offrant une reconnaissance constitutionnelle. Ils sont donc les architectes premiers de la cohésion sociale.
Leur implication est d’autant plus cruciale dans la résolution des petits conflits locaux, qu’ils soient fonciers ou entre éleveurs et agriculteurs. Leur action, conjuguée à celle de l’administration préfectorale, permet de trouver des solutions durables et d’apaiser les tensions. Le ministre les a donc invités à toujours œuvrer pour que les législatives se déroulent dans un climat serein, préservant ainsi l’harmonie de la région.
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En définitive, cette rencontre à Korhogo dépasse le simple cadre d’une présentation de candidature. Elle met en lumière la synergie nécessaire entre le pouvoir politique et l’autorité traditionnelle pour assurer la stabilité et le développement. À l’aube d’un scrutin déterminant pour la majorité présidentielle, le message est clair : la paix et la cohésion sociale sont l’affaire de tous, et les chefs traditionnels en sont les piliers incontournables.
Samba Georges, correspondant régional





