L’élevage de porcs s’impose de plus en plus comme une solution viable pour lutter contre le chômage des jeunes en milieu rural. Dans cette dynamique, une formation aux techniques d’élevage de porcs s’est tenue les 6 et 7 mars à Amanikro, dans la sous-préfecture de Sérihio (Gagnoa). Cette initiative, portée par la Fédération des Mutuelles de Zikobré (FEMUZI) sous la houlette de son président, Dr Yazi Ikpo, vise à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.

Pourquoi choisir l’élevage de porcs comme activité génératrice de revenus ?
Avec une centaine de participants, dont un tiers de femmes, cette session de formation a permis de mettre en lumière le potentiel économique de l’élevage porcin. Selon Serges Gagbo, formateur et secrétaire général des éleveurs de porcs à Gagnoa, l’élevage du porc offre un excellent rendement.
Une truie peut donner naissance à 16 porcelets et peut avoir deux mises bas par an. Avec un bon suivi, en six mois, un porc atteint 100 kg, ce qui assure un bon retour sur investissement.
Serges Gagbo, formateur
Le prix de la viande de porc connaît également une hausse significative, passant de 1 400 F CFA à 1 900 F CFA le kilogramme. Cette augmentation reflète une demande croissante, offrant ainsi aux jeunes une opportunité de se positionner sur un marché porteur.
Moderniser les pratiques d’élevage
Si certains jeunes pratiquent déjà l’élevage de manière traditionnelle, cette formation leur permet d’acquérir des compétences en élevage moderne du porc. « Il ne s’agit pas seulement de nourrir les animaux, mais d’adopter des méthodes qui garantissent une meilleure productivité et une rentabilité accrue », souligne Allui Konan Julien, vice-président des jeunes d’Amanikro.
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Les participants ont été formés sur plusieurs aspects clés, notamment :
- L’âge de reproduction du porc (8 mois)
- Les meilleures formules alimentaires
- L’entretien sanitaire des animaux et des infrastructures d’élevage
Selon Serge Gagbo, ces compétences sont essentielles pour garantir un élevage plus rentable et plus durable.
Amanikro, un village pilote pour l’élevage de porcs
Au terme de cette formation, Amanikro a été désigné comme village pilote. Les porcs issus de cette ferme seront répartis entre les jeunes formés afin qu’ils puissent lancer leurs propres activités d’élevage.
Représentant le président de la FEMUZI, Koué Germain a rappelé l’importance de cette initiative pour l’autonomisation des jeunes : « Dr Yazi Ikpo encourage les participants à appliquer les connaissances acquises, car l’élevage porcin est un secteur en pleine croissance ».
Cette formation s’inscrit dans un projet plus vaste de formation agropastorale, dont la première pierre a été posée en octobre dernier à Sérihio. Un hangar, divisé en trois compartiments pour l’élevage de poulets, lapins et porcs, est en cours de construction afin d’assurer une formation continue aux jeunes de la région.
Techniques d’élevage de porcs : une initiative à répliquer
Face à l’engouement des jeunes pour cette formation et aux perspectives économiques qu’offre l’élevage porcin, cette expérience pourrait être étendue à d’autres localités. Le développement de fermes pilotes et la mise en place d’un accompagnement technique permettront de structurer davantage la filière.
Ainsi, l’élevage de porcs se présente non seulement comme une solution durable à l’insertion professionnelle des jeunes, mais aussi comme un levier économique majeur pour les zones rurales.
Franck Singa





