Le Bounkani, région frontalière de la Côte d’Ivoire, prend un tournant décisif dans la lutte contre la traite des personnes à Bouna. Depuis le mardi 25 juin 2025, un atelier intensif de renforcement des capacités mobilise magistrats, greffiers, officiers et agents de police judiciaire de la Police et de la Gendarmerie. Cette formation de quatre jours (24-27 juin 2025) est un maillon essentiel du projet de renforcement des capacités en gestion des frontières et de prévention de la traite en Côte d’Ivoire, généreusement financé par le Ministère de l’Intérieur de la République tchèque.
- Lutte contre la traite des personnes à Bouna : des objectifs concrets pour la chaîne pénale
- Clarifier les crimes pour une justice implacable dans la lutte contre la traite des personnes à Bouna
- Lutte contre la traite des personnes à Bouna : une réponse à un cri local
- Le Bounkani, zone frontalière sous haute vigilance
- Vers une protection renforcée des victimes à Bouna
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes (CNLTP), fort de l’appui technique et financier de son partenaire stratégique, le Centre International pour le Développement des Politiques Migratoires (ICMPD). Elle fait suite à une action majeure : la création de la Cellule Régionale de Lutte contre la Traite des Personnes (CRLTP) du Bounkani. Cette structure décentralisée du CNLTP est désormais le fer de lance local de la lutte contre la traite des personnes à Bouna.

Lutte contre la traite des personnes à Bouna : des objectifs concrets pour la chaîne pénale
Le cœur de cet atelier ? Armer les professionnels du droit pour une lutte contre la traite des personnes à Bouna plus efficace. Kouadio Oufouez, sous-directeur de la prise en charge des victimes de traite au CNLTP, souligne l’urgence : « Il est crucial que les magistrats, les greffiers, les policiers et les gendarmes comprennent parfaitement les contours juridiques et pratiques de la traite des personnes, ainsi que les moyens mis à disposition par les Nations Unies pour combattre ce fléau. »
Pour y parvenir, onze modules couvrant des thématiques essentielles sont dispensés. Ils vont de l’analyse sociologique du phénomène à la coopération policière internationale, en passant par les techniques d’enquête spécifiques, l’audition respectueuse des victimes, l’interrogatoire stratégique des suspects et la collecte rigoureuse des preuves. Ces enseignements sont délivrés par des magistrats expérimentés et des spécialistes reconnus de la lutte contre la traite des personnes.
Clarifier les crimes pour une justice implacable dans la lutte contre la traite des personnes à Bouna
Pour Coulibaly Kpan Jean, substitut résident près de la section du tribunal de Bouna, cette formation est vitale pour dissiper les confusions. « Il existe souvent une amalgame entre traite de personnes, trafic illicite de migrants ou encore prostitution. Cette formation vient clarifier ces notions fondamentales et aider les magistrats à mener des enquêtes plus ciblées et efficaces », affirme-t-il.
L’enjeu est de taille : il s’agit de reconnaître les véritables cas de traite pour les qualifier et les poursuivre comme des crimes, et non comme de simples délits. Cette distinction est capitale au regard de la législation ivoirienne, qui prévoit des peines particulièrement sévères pour la traite des personnes : entre cinq et dix ans d’emprisonnement, accompagnées d’amendes pouvant atteindre dix millions de francs CFA. Une réponse pénale à la hauteur de la gravité des faits dans la lutte contre la traite des personnes à Bouna.
Lutte contre la traite des personnes à Bouna : une réponse à un cri local
La tenue de cet atelier n’est pas le fruit du hasard. Elle répond directement à une demande pressante exprimée par les populations du Bounkani lors d’un forum régional. Leur appel ? La mise en place d’une structure dédiée localement à la lutte contre la traite des personnes. Une requête entendue et concrétisée par le CNLTP avec la CRLTP.
Kambou Sansan, directeur régional de la cohésion nationale, voit dans cette cellule et la formation en cours un levier puissant : « Elles contribuent significativement à l’apaisement du climat social dans une région frontalière particulièrement exposée aux risques de traite et de migration clandestine. »
Le Bounkani, zone frontalière sous haute vigilance
La région du Bounkani constitue un point névralgique dans la lutte contre la traite des personnes à Bouna. Natalija Spunjini, cheffe de projets ICMPD à Abidjan, justifie l’intervention ciblée : « Cette région frontalière est considérée comme une zone à haut risque. En formant les acteurs de la justice, nous posons les bases d’une plateforme de dialogue et d’action coordonnée contre un phénomène complexe et multiforme. »
Travaux forcés, exploitation sexuelle, trafic de main-d’œuvre : les visages de la traite sont multiples et en constante évolution. D’où l’impérieuse nécessité de cette approche interinstitutionnelle et multisectorielle, plaçant la coopération et la formation continue au cœur de la stratégie.
Vers une protection renforcée des victimes à Bouna
À l’issue de ces quatre jours intensifs, les participants ressortiront nettement mieux armés pour affronter la criminalité organisée que représente la traite des êtres humains. Leur mission prioritaire : identifier et protéger efficacement les victimes, souvent vulnérables et invisibles, tout en assurant la poursuite et la condamnation sévère des auteurs.
Cet atelier représente ainsi une pierre angulaire supplémentaire dans l’édifice de la lutte contre la traite des personnes à Bouna, un pas concret vers l’éradication de ce fléau qui déshumanise et détruit des vies en Côte d’Ivoire. L’engagement de tous les maillons de la chaîne pénale est la clé pour faire reculer l’ombre et rendre sa dignité à la région du Bounkani. A LIRE AUSSI : Sept soldats de Tsahal tués au combat dans le sud de la bande de Gaza.
As-Sobour





