Korhogo, samedi 2 août 2025. C’est dans une atmosphère porteuse d’espoir que le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a présidé la cérémonie officielle de lancement de la phase 1 du programme Barakafissa. Par conséquent, un fonds substantiel de 200 millions de francs CFA a été remis à la jeunesse des départements de Korhogo, M’bengué, Sinématiali et Dikodougou.
Cet événement crucial, destiné à financer des projets générateurs de revenus, s’est déroulé en présence d’un parterre d’autorités : le préfet de région André Assomou Ekponon (qui préside le comité de sélection), des élus locaux, des chefs traditionnels et religieux, et des opérateurs économiques influents comme l’homme d’affaires Koné Daouda Soukpafolo.

L’inspiration familiale derrière le programme Barakafissa
En outre, le ministre Coulibaly, initiateur de ce fonds, a livré une part intime de sa motivation. Il a puisé dans son histoire personnelle : « Pendant mon adolescence, j’ai vu comment mon père, transporteur et commerçant, ayant réussi dans l’entrepreneuriat, avait à cœur de tirer d’autres générations vers le haut pour qu’elles deviennent des entrepreneurs comme lui. »
Effectivement, il a souligné que son père sélectionnait ceux à aider en évaluant leur volonté de travailler « à la sueur de leur front ». Ainsi, le programme Barakafissa s’inspire directement de cette philosophie et de l’exemple d’hommes d’affaires locaux souvent partis de zéro. « C’est cet exemple que nous avons voulu pérenniser », a-t-il affirmé avec conviction.
Programme Barakafissa : Un pilier de la vision présidentielle
Par ailleurs, le ministre a clairement situé cette action dans le cadre de la vision économique du président de la République, Alassane Ouattara, visant à créer des « champions nationaux ». « Dans le département qui est le mien, il a fait adopter une loi sur le contenu local. Cette loi vise à favoriser les entrepreneurs locaux », a-t-il rappelé.
De plus, avec les perspectives liées aux découvertes dans les secteurs minier et énergétique, « il est important que les entrepreneurs nationaux puissent bénéficier de cet élan, de ce nouveau départ de notre économie ». Par conséquent, le programme Barakafissa apparaît comme un levier essentiel pour préparer les jeunes à saisir ces opportunités futures et devenir ces champions tant attendus.

Des résultats concrets et une promesse d’expansion
Visiblement satisfait des premiers résultats et des taux de remboursement encourageants observés lors de la phase pilote, le ministre a adressé des félicitations aux jeunes sélectionnés, soulignant qu’ils avaient déjà fait preuve d’initiative et ne nécessitaient qu’un « coup de pouce ». Surtout, il a annoncé une expansion majeure :
J’ai promis d’augmenter le montant du fonds à 500 millions, voire à un milliard de francs CFA dans les prochaines années.
Mamadou Sangafowa Coulibaly
Cependant, cette augmentation est conditionnée par la poursuite des excellents taux de remboursement. « C’est un projet qui s’autofinance… Le programme se nourrit donc des résultats des précédents programmes », a-t-il précisé, exhortant les bénéficiaires à réussir pour permettre à d’autres d’en profiter.
Des témoignages éloquents de bénéficiaires motivés
Cette annonce a suscité une grande motivation parmi les jeunes présents, déjà engagés dans leurs projets. Par exemple, Coulibaly Korotoum, active dans les cosmétiques à M’bengué, a bénéficié d’un prêt d’un million de FCFA. « Avant, on pensait que pour entreprendre une activité, il fallait une forte somme d’argent. Mais lors de la formation nous avons appris comment entreprendre et gérer une activité avec seulement dix mille francs CFA.
Aujourd’hui je compte mettre en application cette méthode pour être une femme leader dans mon domaine », a-t-elle témoigné avec ambition. De même, Bamba Adama, investi dans l’élevage et la vente de volaille, a utilisé son financement pour diversifier et étendre son activité. Enfin, l’homme d’affaires Koné Daouda Soukpafolo a partagé son parcours, encourageant les jeunes : « C’est une école de vie… Là où il y a la facilité, le taux d’échec est élevé. »
La méthode Barakafissa : Former pour autonomiser
Rappelons que l’objectif central du programme Barakafissa est de former et accompagner 1 000 jeunes porteurs de micro-entreprises sur fonds propres dans le Poro. Pour cela, la phase 1 de formation (juin à septembre 2024) a reposé sur trois modules clés axés sur l’approche « Entreprendre sans dette extérieure » :
- Démarrer son business avec zéro dette extérieure.
- Les secrets pour gérer efficacement l’argent (éducation financière de base).
- Monter un projet bancable.

Ce programme innovant bénéficie du soutien technique essentiel de l’Agence Emploi-Jeunes et de l’ONG LOMANA, ainsi que de l’expérience du corps préfectoral piloté par le préfet Ekponon.
En définitive, la phase 1 du programme Barakafissa marque un tournant décisif pour l’entrepreneuriat jeune dans le Poro. En offrant un savant mélange de formation pratique et de financement accessible, tout en s’inspirant des valeurs de travail et de responsabilité, cette initiative crée les conditions d’une véritable autonomie économique.
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L’engagement du ministre Coulibaly et la perspective d’une extension significative du fonds laissent présager un impact durable, faisant de ce programme Barakafissa un modèle prometteur pour l’émergence des champions nationaux tant espérés.
Georges Samba, correspondant régional





