C’est par un message poignant sur Instagram que Latifa, l’épouse de l’artiste, a confirmé la mort de Jimmy Cliff ce lundi 24 novembre 2025. Dans son communiqué, elle s’est adressée aux millions de fans à travers le monde : « À tous ses fans à travers le monde, sachez que votre soutien a été sa force tout au long de sa carrière ». Le chanteur jamaïcain s’est éteint des suites d’une maladie, entouré de l’affection des siens et d’une équipe médicale dévouée.
Par ailleurs, Latifa a tenu à remercier l’ensemble du personnel soignant qui a accompagné son mari « pendant ce parcours difficile ». Elle a conclu son message par ces mots déchirants : « Jimmy, mon chéri, repose en paix », tout en demandant le respect de l’intimité familiale dans cette épreuve douloureuse.
Un parcours musical exceptionnel depuis la Jamaïque
Né James Chambers le 30 juillet 1948 dans la colonie britannique de Jamaïque, Jimmy Cliff a grandi au sein d’une famille modeste de huit enfants. Élevé dans un village rural par son père et sa grand-mère, le jeune garçon découvre très tôt sa passion pour le chant. En effet, il ne se contentait pas de chanter à l’église, mais saisissait chaque occasion pour exercer son talent.
Envoyé à Kingston alors qu’il n’avait qu’une dizaine d’années, il découvre l’effervescence musicale de la capitale jamaïcaine. En 1962, il enregistre son premier 45 tours, produit par un vendeur de glaces sino-jamaïcain qu’il avait convaincu de se lancer dans l’industrie musicale. Anecdote savoureuse : c’est lui qui recommande à ce producteur improvisé d’enregistrer un autre chanteur croisé dans les rues, un certain Bob Marley.
La mort de Jimmy Cliff : une perte immense pour le reggae mondial
La disparition de Jimmy Cliff marque la fin d’une époque pour le reggae. Cependant, son héritage artistique demeure colossal. Quadruple lauréat des Grammy Awards et intronisé au prestigieux Rock & Roll Hall of Fame en 2010, il laisse derrière lui une quarantaine d’albums qui ont façonné l’histoire de la musique jamaïcaine.
Ses tubes intemporels comme « Reggae Night », « Many Rivers to Cross » ou encore « Hakuna Matata » ont traversé les frontières et les générations. Cette dernière chanson, composée par Elton John pour le film Le Roi Lion en 1994, a rendu sa voix indissociable de l’Afrique aux yeux du monde entier.
L’Afrique, une histoire d’amour indéfectible
Dès 1974, Jimmy Cliff pose le pied en Afrique pour la première fois, devenant ainsi le premier reggaeman à se produire sur le continent. Malgré un séjour initial mouvementé au Nigeria, marqué par une arrestation suite à des rivalités entre promoteurs, il est tombé sous le charme du continent africain.
Tout au long de sa carrière, l’artiste a multiplié les tournées à travers le Sénégal, la Gambie, la Sierra Leone, le Ghana, le Zaïre, la Zambie ou encore Madagascar. En 1980, il se produit même à Soweto devant près de 20 000 personnes, vêtu d’un treillis militaire en soutien à la lutte pour la liberté. En 1987, il enregistre à Kinshasa avec les plus grands noms de la musique congolaise, dont l’OK Jazz de Franco et l’Afrisa International de Tabu Ley Rochereau.
Un héritage qui traverse les générations
Au-delà de la mort de Jimmy Cliff, son influence perdure. Il a inspiré d’innombrables artistes, notamment le Sud-Africain Lucky Dube, devenu à son tour une référence du reggae. Ses compositions ont été reprises des dizaines de fois par des groupes africains dès les années 1970, témoignant de son impact durable sur la scène musicale continentale.
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Jimmy Cliff restera dans les mémoires comme un artiste engagé, défenseur des causes sociales et politiques, incarnant l’esprit authentique du reggae. Sa voix remarquable et son message universel continueront de résonner bien au-delà de sa disparition.
Alfred Zeus





