Le jeudi 15 mai 2025, à l’hôtel Sofitel Ivoire d’Abidjan, le Vice-Président ivoirien Tiémoko Meyliet Koné a lancé un appel historique aux partenaires techniques, financiers et privés. Objectif : mobiliser 173,9 milliards FCFA pour compléter le financement du Plan national multisectoriel de nutrition (PNMN) 2024-2027. « Financer la nutrition, c’est parier sur la santé et le capital humain », a-t-il insisté, rappelant que cet engagement dépasse les simples considérations économiques.

D’abord, avec un coût total de 204,6 milliards FCFA, dont 31 milliards déjà garantis par l’État, ce plan s’articule autour d’une vision claire : éliminer la malnutrition d’ici 2030. Pour y parvenir, la Côte d’Ivoire mise sur une approche collaborative, impliquant les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et de la protection sociale.
Les axes clés du Plan national multisectoriel de nutrition 2024-2027
Structuré autour de quatre piliers, le PNMN 2024-2027 cible des enjeux précis :
- Réduire le retard de croissance chez 30 % des enfants de moins de 5 ans.
- Combattre l’anémie chez 50 % des femmes en âge de procréer.
- Promouvoir l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois.
- Lutter contre l’obésité et les maladies chroniques liées à l’alimentation.
Comme l’a souligné Tiémoko Meyliet Koné, « ce plan s’appuie sur les enseignements du PNMN 2016-2020 ». Entre 2021 et 2023, une phase transitoire a permis d’ajuster les stratégies, notamment via le Conseil national pour la nutrition, rattaché à la Présidence. De plus, des progrès notables ont été enregistrés : amélioration de l’accès à l’eau potable, renforcement des programmes sociaux et sensibilisation accrue aux bonnes pratiques alimentaires.
Financement du Plan national multisectoriel de nutrition : Un défi collectif

Si l’État ivoirien consacre déjà 15 % de son budget annuel à la nutrition, le besoin de fonds externes reste crucial. Sur les 204,6 milliards FCFA requis, près de 85 % doivent être couverts par des partenariats.
Nous avons besoin de l’appui de tous : secteur privé, fondations et organisations internationales.
Tiémoko Meyliet Koné
Parmi les partenaires engagés figurent l’UNICEF, l’OMS et des entreprises locales. Leur rôle ? Financer des projets concrets : distribution de compléments nutritionnels, formation des agents de santé ou encore campagnes de sensibilisation. Pour convaincre, Tiémoko Meyliet Koné a martelé un argument-choc : « Investir dans la nutrition, c’est booster la productivité future de 20 % ».
Des résultats tangibles mais des défis persistants
Grâce aux efforts déployés depuis 2011, la Côte d’Ivoire a réduit de 10 % la malnutrition infantile. Toutefois, des lacunes subsistent :
- 24 % des enfants souffrent encore d’anémie.
- Seulement 45 % des nourrissons bénéficient d’un allaitement maternel optimal.
- L’obésité touche 15 % des adultes en zone urbaine.

Pour inverser la tendance, le PNMN 2024-2027 mise sur l’innovation. Exemple : l’intégration de solutions digitales pour suivre les indicateurs nutritionnels en temps réel. « La nutrition n’est pas qu’une question de santé. C’est un levier pour l’éducation, l’économie et la cohésion sociale », a conclu le Vice-Président.
Vers une Côte d’Ivoire sans malnutrition : L’affaire de tous
De toute évidence, le succès du Plan national multisectoriel de nutrition 2024-2027 dépendra de la mobilisation collective. Comme l’a rappelé Tiémoko Meyliet Koné, « chaque franc investi aujourd’hui générera des retombées durables ». Entre amélioration du PIB, réduction des dépenses de santé et renforcement du capital humain, les bénéfices sont multiples.
En s’appuyant sur des partenariats solides et une gouvernance rigoureuse, la Côte d’Ivoire écrit un nouveau chapitre de son développement. Un chapitre où la nutrition n’est plus un fardeau, mais un tremplin vers la prospérité.
Alfred Zeus





