Les prix de l’or ont connu des montagnes russes spectaculaires durant ces derniers jours. Après avoir grimpé à un niveau record de près de 5 595 dollars l’once jeudi dernier, le métal jaune a subi une correction de 10 % dès vendredi. L’argent n’a pas été épargné, avec une chute encore plus impressionnante de 28 %.
Néanmoins, les marchés ont montré des signes de stabilisation mardi, avec une reprise de 3,5 % pour l’or et 4,5 % pour l’argent. Cette volatilité soulève de nombreuses questions sur les facteurs qui influencent réellement ces actifs refuge.
Les moteurs de la hausse des prix de l’or en 2025-2026
Plusieurs éléments ont contribué à l’envolée spectaculaire des métaux précieux au cours de l’année écoulée. Tout d’abord, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a créé une incertitude économique considérable. Ses politiques tarifaires agressives, sa pression sur l’indépendance de la Réserve fédérale et ses menaces concernant le Groenland ont semé le trouble sur les marchés financiers.
Par ailleurs, l’affaiblissement du dollar américain a naturellement poussé les investisseurs vers les valeurs refuges. Entre l’investiture de Trump et fin janvier 2026, les prix de l’or ont presque doublé, tandis que l’argent a quadruplé sa valeur.
Diego Franzin, responsable des stratégies de portefeuille chez Plenisfer Investments, explique cette tendance : « Dans un monde où presque toutes les activités financières intègrent le risque de crédit, l’or reste le seul actif sans contrepartie. Il ne fait aucune promesse, ne paie aucun intérêt et ne dépend pas des décisions politiques. »
Une crise de confiance dans les systèmes économiques
Au-delà des facteurs conjoncturels, certains analystes identifient une méfiance plus profonde envers les systèmes économiques mondiaux. Effectivement, après des années d’inflation élevée et de dettes nationales croissantes, les investisseurs recherchent des actifs tangibles.
« Dans un système basé sur des niveaux record de dette publique et privée, cette caractéristique prend une valeur sans précédent », ajoute Diego Franzin.
De plus, les banques centrales des économies émergentes, notamment la Chine et la Turquie, ont massivement acheté de l’or pour diversifier leurs réserves et réduire leur dépendance au dollar.
Comprendre la correction brutale des prix de l’or
La chute spectaculaire observée vendredi dernier divise les experts. Certains l’attribuent aux décisions de Trump, notamment sa nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, un choix jugé conventionnel qui a rassuré les marchés. De même, ses déclarations concernant un possible accord avec l’Iran ont apaisé les tensions géopolitiques.
Cependant, Mark Matthews, responsable de la recherche pour l’Asie à la Banque Julius Baer, propose une explication différente : « L’explication la plus probable est que les prix des métaux précieux se sont effondrés simplement parce qu’ils étaient déjà devenus paraboliques la semaine précédente. Une fois que la prise de profit a commencé, elle a juste fait boule de neige. »
Perspectives d’évolution des prix de l’or pour 2026
Malgré cette correction, les analystes restent optimistes sur le long terme. JP Morgan anticipe ainsi que les prix de l’or atteindront 6 300 dollars l’once d’ici fin 2026, soit une progression de 30 %. Gregory Shearer et son équipe affirment que « l’or reste une couverture de portefeuille dynamique et à multiples facettes ».
Mark Matthews partage cet optimisme : « Leurs deux moteurs fondamentaux restent inchangés, à savoir, le dollar américain devrait continuer à se déprécier et les banques centrales devraient augmenter leurs avoirs en or. »
A lire aussi : Guibéroua : après sa réélection, Belmonde Dogo entame une tournée de remerciement auprès des populations
Jacques Anderson





