Le vendredi 3 janvier 2025, le village d’Abiaté, situé dans la commune de Songon, a accueilli une rencontre cruciale sur les réformes foncières en Côte d’Ivoire entre le Premier Ministre, Robert Beugré Mambé, et les chefs de villages Atchan et Attié du District autonome d’Abidjan. Au cœur des discussions, l’Attestation de Droit d’Usage coutumier (ADU) suscite à la fois adhésion et inquiétudes chez les chefs traditionnels, qui demandent des ajustements pour mieux protéger les droits fonciers des communautés. Cette initiative vise à apaiser les tensions et à renforcer la sécurité foncière tout en soutenant un développement inclusif.

L’ADU : un outil clé des réformes foncières en Côte d’Ivoire
Robert Beugré Mambé a annoncé qu’une rencontre entre le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Bruno Nabagné Koné, et les chefs de villages se tiendra prochainement. L’objectif sera d’apporter des réponses aux préoccupations des communautés locales face à la mise en œuvre de l’ADU et des réformes associées.
Saluant cette démarche, le porte-parole des chefs, Thomas Magès Nangui, a exprimé leur adhésion aux réformes tout en soulignant des réserves. Selon lui, l’ADU, bien qu’essentielle, suscite actuellement des inquiétudes et des incompréhensions parmi les propriétaires terriens.
Les doléances 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐟𝐬 : 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐨𝐜𝐡𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐢𝐥𝐢𝐚𝐧𝐭𝐞
Lors de cette rencontre, les chefs Atchan et Attié ont soumis plusieurs demandes :
- Un report d’un an de l’entrée en vigueur de l’ADU pour permettre une meilleure appropriation du dispositif.
- La création d’un groupe de travail mixte réunissant des spécialistes du ministère et des représentants des chefs pour analyser les aspects controversés de l’ADU.
- L’établissement de procédures simplifiées pour approuver les lotissements en cours et régler les dossiers non traités.
- La garantie que l’Arrêté de Concession Définitive (ACD) reste un document susceptible d’annulation en cas d’irrégularités.
Ces doléances reflètent la volonté des communautés locales de collaborer tout en s’assurant que leurs droits fonciers sont protégés.
Les 𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐁𝐫𝐮𝐧𝐨 Nabagné Koné concernant les réformes foncières en Côte d’Ivoire
Intervenant à son tour, Bruno Nabagné Koné a tenu à dissiper les malentendus. « Les attestations villageoises déjà délivrées et signées par les chefs seront toujours acceptées et traitées dans nos bureaux », a-t-il déclaré. Le ministre a rappelé qu’un délai de trois mois est accordé pour permettre aux détenteurs d’attestations non encore enregistrées de régulariser leur situation.
Cette clarification vise à calmer les craintes des chefs et des populations, tout en assurant une transition progressive vers l’application des réformes.
Réformes foncières en Côte d’Ivoire : solutions aux inquiétudes des communautés locales
Au-delà des aspects techniques, Robert Beugré Mambé a profité de cette rencontre pour appeler à l’unité et à la paix en Côte d’Ivoire, exhortant les populations à cultiver un esprit fraternel.
Cette initiative gouvernementale marque une étape importante dans la gestion foncière en Côte d’Ivoire, en mettant en avant une approche inclusive et concertée. Les échanges prévus avec les chefs Atchan et Attié pourraient servir de modèle pour résoudre d’autres problématiques liées au foncier à travers le pays.
Avec des réformes bien comprises et adaptées, l’ADU a le potentiel de renforcer la sécurité foncière et de stimuler un développement harmonieux dans le District autonome d’Abidjan.
Jean Michel





