Du 14 au 16 août 2025, Yopohué vibre au rythme de la 2ᵉ édition de la fête du riz. En effet, cette manifestation met à l’honneur des variétés ancestrales comme le Kpessaka, le Kolétché, le Wérélé et le Digba. Ehouma Edith, commissaire générale, souligne : « Le riz est notre identité culturelle et notre trésor. L’association Zédi Za Nadré veut promouvoir cette richesse ! ». Ainsi, l’événement transcende la simple exposition pour devenir un hommage aux traditions bhété.
Autonomie des femmes et défis du riz local
Par ailleurs, l’association rassemble des centaines de productrices. D’une part, elles cultivent le riz de plateau transmis par leurs aînés ; d’autre part, elles visent l’autosuffisance alimentaire. Edith explique : « Notre objectif est d’éradiquer la famine et de rendre les femmes autonomes ». Cependant, malgré une production annuelle de plusieurs tonnes et un débouché via l’usine de Gagnoa, un soutien étatique reste indispensable. Selon elle, « avec un accompagnement, nous pourrions remplacer les importations ! ».
Doléances pour booster la production de riz local
En outre, l’association formule des demandes précises. Premièrement, le reprofilage des pistes villageoises pour désenclaver les zones de production. Deuxièmement, l’acquisition de tricycles pour le transport des récoltes. Enfin, la création d’une radio locale pour améliorer la communication. Edith lance un appel poignant : « Que l’État pense à Yopohué : nous nous sentons oubliés ! ». Toutefois, elle salue l’appui de Dembélé Yacouba (directeur de l’Aderiz), qui a offert des machines agricoles.
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Le riz local, pilier économique ignoré ?
En définitive, le festival porte un message ambitieux. D’après la commissaire, « si l’État soutient les producteurs, le riz local comptera dans l’économie nationale ». Actuellement, le paddy se vend à 1 000 FCFA sur les marchés, mais le potentiel dépasse largement ce prix. Aussi, l’événement incite les populations à s’investir dans cette culture. Car, comme le rappelle Edith, « dans tous les villages du canton Zédi, nous produisons du riz local ».
Franck Singa





