Le festival Sacraboutou 2025 a marqué un nouveau chapitre dans l’histoire de Bondoukou, ville surnommée « La Cité des mille mosquées ». Célébré le 30 mars 2025, jour de la fin du Ramadan, cet événement a rassemblé des milliers de personnes autour d’une danse ancestrale aux origines énigmatiques. Sous le regard attentif du ministre gouverneur du Zanzan, Touré Souleymane, et du cadre local Mory Kamagaté, le président du comité d’organisation, Souadikou Ouattara, a lancé un appel vibrant : « Préserver l’âme du Sacraboutou, c’est honorer nos racines. »

Les origines mystérieuses du sacraboutou : un héritage ancestral
Baba Guénan, gardien des traditions à Bondoukou, incarne la mémoire vivante du Sacraboutou. À environ 100 ans, ce dépositaire des costumes et rituels rappelle : « Cette danse existait bien avant ma naissance. C’est un legs de nos ancêtres guerriers. » Selon la tradition orale transmise par son arrière-grand-mère, Man Saratigui, le Sacraboutou trouve ses racines dans les batailles historiques du peuple Dioula.
Après une guerre sanglante, un chant poignant annonçait le retour des combattants. Les femmes pleuraient les disparus et célébraient les survivants.
Baba Guénan, les yeux embués
Si les détails des conflits restent flous, les rites associés à la danse révèlent son caractère sacré. Porteurs de gris-gris et de costumes chargés de symboles, les danseurs suivent des protocoles stricts : sacrifices préalables, ablutions rituelles et séparation stricte entre hommes et femmes. « Toucher un costume sans initiation pouvait rendre stérile », souligne le traditionaliste.

Sacraboutou 2025 : une célébration entre ferveur et défis
L’édition 2025 a brillé par sa dimension inclusive. Près de 500 jeunes, visages noircis de charbon et armes symboliques à la main, ont défilé dans les artères de Bondoukou. Souadikou Ouattara, député suppléant et fervent défenseur du festival, souligne : « Chaque année, nous modernisons l’événement sans trahir son essence. »
Le paradoxe du Ramadan : pourquoi une danse guerrière clôture le mois de jeûne?
Le choix d’associer le Sacraboutou à la fin du Ramadan intrigue. Pour Baba Guénan, « ce mois symbolise la résilience, comme celle de nos guerriers ». Un lien spirituel que les universitaires peinent encore à élucider. « Le Sacraboutou rappelle que même dans la joie, on n’oublie pas les sacrifices passés », analyse Dr Aïssata Konaté, anthropologue.
Menaces sur le Sacraboutou : entre désintérêt et perte d’authenticité
Malgré sa popularité, le festival est fragilisé. Baba Guénan alerte : « Les jeunes portent les costumes pour séduire, pas par respect. » Seuls 30% des tenues sont authentiques, les autres étant des répliques ghanéennes. La transmission orale, pilier de la tradition, faiblit aussi. « Les batteurs de tam-tams légendaires comme Bêman Alilou disparaissent sans successeurs », déplore-t-il.
Souadikou Ouattara reste optimiste : « Avec le Sacraboutou 2025, nous avons montré que tradition et modernité peuvent coexister. »

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