Depuis plusieurs semaines, les réseaux sociaux bruissaient de messages alarmistes dénonçant l’absence de scanner à Bondoukou à l’Établissement Public Hospitalier Régional (EPHR). Certains internautes affirmaient même qu’un patient serait décédé faute de cet équipement. Face à cette mobilisation virtuelle, les autorités sanitaires ont organisé une conférence de presse le 21 avril 2025 pour rétablir les faits et présenter une feuille de route concrète.
- Une conférence de presse pour apaiser les tensions relatives à l’absence de scanner à Bondoukou
- Comment sont pris en charge les patients sans scanner à Bondoukou ?
- Priorité aux pathologies les plus mortelles
- Un nouvel hôpital et un scanner à Bondoukou : les promesses du gouvernement
- Calendrier et défis logistiques
- Communication et transparence : des axes d’amélioration
- L’engagement politique renforcé du ministre d’Etat Adjoumani
- Vers une santé équitable dans le Grand Est



Une conférence de presse pour apaiser les tensions relatives à l’absence de scanner à Bondoukou
Animée par Dr Tia André, directeur régional de la Santé du Gontougo, cette rencontre médiatique avait pour objectif de « rassurer la population » et de contrer les fausses informations. Accompagné de Dr Mangoua Hervé-Gérard (directeur départemental de la Santé) et Adolphe Bahi (directeur de l’EPHR de Bondoukou), le responsable a fermement démenti les rumeurs de décès liés au manque de scanner.
« Aucun patient n’est décédé à l’EPHR de Bondoukou parce qu’il n’a pas bénéficié d’un scanner », a insisté Dr Tia André.
Cependant, il a expliqué que si cet équipement est effectivement déterminant pour diagnostiquer certaines pathologies neurologiques (AVC, tumeurs, etc.), des protocoles d’évacuation médicalisée vers des centres mieux équipés, comme Abengourou ou Bouna, sont activés en cas d’urgence.
Comment sont pris en charge les patients sans scanner à Bondoukou ?
Une mutualisation régionale des ressources
Le pôle régional d’excellence en santé, regroupant les régions du Gontougo et du Bounkani, permet une coordination optimale des moyens. Les ambulances médicalisées interviennent dès qu’un besoin de scanner est identifié, garantissant une prise en charge rapide.
Dès qu’un diagnostic de suspicion est posé, l’ambulance se met en branle. Nous évitons les retards critiques.
Dr Tia André
Les patients souffrant d’affections aiguës (comme un AVC hémorragique) sont dirigés vers Abengourou, dont le CHR dispose d’un scanner opérationnel. Si nécessaire, des transferts vers Abidjan sont également organisés.
Priorité aux pathologies les plus mortelles
Contrairement aux idées reçues, les pathologies nécessitant un scanner ne constituent pas la principale cause de mortalité dans la région. Selon les données sanitaires, le paludisme, les infections respiratoires et les gastroentérites arrivent en tête.
Les pathologies neurologiques arrivant en dernier, nos priorités sont adaptées en conséquence.
Dr Tia André
Un nouvel hôpital et un scanner à Bondoukou : les promesses du gouvernement
Le futur CHR de Bondoukou, un projet structurant
Peu avant la conférence de presse, le ministère de la Santé avait publié un communiqué sur Facebook annonçant la construction prochaine d’un nouvel hôpital à Bondoukou. Ce CHR, qualifié de « flambant neuf », intégrera un scanner et d’autres équipements de pointe (blocs opératoires, urgences modernes, etc.).

« Bondoukou a été choisie comme pôle régional d’excellence en santé pour le District du Zanzan », a souligné le ministère.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme hospitalier national, qui a déjà permis l’installation de 21 scanners à travers le pays, dont 14 dans les régions intérieures. La future faculté de médecine de l’Université de Bondoukou renforcera également l’expertise locale grâce à l’affectation de professeurs et de spécialistes.
Calendrier et défis logistiques
Interrogé sur les délais, Dr Tia André a évoqué des « contraintes fonctionnelles », notamment les échanges administratifs entre le ministère, l’Agence Française de Développement (AFD) et les marchés publics. Les travaux devraient débuter en septembre ou octobre 2025.
Communication et transparence : des axes d’amélioration
Les autorités ont reconnu des lacunes dans la diffusion d’informations fiables, alimentant malentendus et défiance.
« Nous devons communiquer davantage. Ces rencontres avec la presse seront désormais régulières », a promis Dr Tia André.
Cette stratégie vise à valoriser le travail des professionnels de santé et à contrer rapidement les rumeurs.
L’engagement politique renforcé du ministre d’Etat Adjoumani
Parmi les acteurs clés mobilisés pour accélérer l’arrivée du scanner à Bondoukou, le ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani joue un rôle central. Connu pour son implication dans le développement des infrastructures sanitaires dans le Gontougo, le ministre a multiplié les plaidoyers auprès du ministre de la Santé, Pierre Dimba, pour prioriser le projet. Lors de nombreuses rencontres avec son collègue, l’Eléphant blanc du Zanzan a rappelé l’urgence de doter Bondoukou d’équipements médicaux de pointe, soulignant que « l’équité sanitaire ne peut attendre ».

Originaire de la région du Gontougo, Kobenan Kouassi Adjoumani a également suivi de près des missions sur le terrain avec les directeurs régionaux de la Santé, afin d’identifier les blocages administratifs et accélérer les procédures. Ses efforts ont permis de raccourcir les délais de validation, alignant le projet sur le calendrier annoncé (début des travaux en septembre 2025).
Le scanner à Bondoukou n’est pas qu’un équipement, c’est un symbole de justice sociale pour nos populations.
Kobenan Kouassi Adjoumani
Vers une santé équitable dans le Grand Est
Si l’absence de scanner à Bondoukou reste une préoccupation, les mesures d’urgence et les projets annoncés montrent une volonté politique de rattrapage. La mutualisation des ressources régionales, combinée au futur CHR, devrait améliorer l’accès aux soins spécialisés.
« Personne n’est laissé pour compte. Tous les moyens sont déployés pour une prise en charge qualitative », a conclu le directeur régional.
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