L’atmosphère était chargée d’espoir et de détermination ce samedi 16 août 2025 dans la salle de conférence de l’Université de Bondoukou. Les imams des régions du Gontougo et du Bounkani, réunis sous l’égide du Conseil Supérieur des Imams, des Mosquées et des Affaires Islamiques de Côte d’Ivoire (COSIM), participaient au deuxième jour d’un séminaire. Au cœur des discussions ? Leur rôle incontournable dans la consolidation de la paix en Côte d’Ivoire, particulièrement à l’approche des élections de 2025. La présence remarquée du ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, chrétien catholique, venait symboliser puissamment cette quête d’unité nationale.
- Un séminaire pour forger les artisans de la paix en Côte d’Ivoire
- Le ministre d’Etat Kobenan Kouassi Adjoumani : Un témoignage fort d’unité nationale
- Cheikh Diakité : Vigilance, éducation et prière pour la paix en Côte d’Ivoire
- Bondoukou, épicentre d’un message universel de paix en Côte d’Ivoire
- Vigilance contre l’extrémisme : les recommandations du COSIM pour la paix en Côte d’Ivoire

Un séminaire pour forger les artisans de la paix en Côte d’Ivoire
Organisé par le COSIM, ce séminaire régional visait un objectif clair : renforcer l’engagement des imams du Zanzan en tant que piliers de la stabilité sociale. En effet, dans un contexte sous-régional marqué par des tensions et un climat préélectoral national nécessitant de l’apaisement, leur voix et leur action sont plus que jamais indispensables.
Le thème central, « Rôle des imams et prédicateurs dans la promotion des valeurs de paix, de fraternité et de solidarité », piloté par le conférencier Soro Vamara, a offert un cadre de réflexion et d’action concret. Par ailleurs, la tenue de l’événement à Bondoukou, qualifiée par Cheikh Ousmane Diakité de « centre culturel islamique » historique, n’était pas anodine, soulignant l’importance stratégique de cette ville pour la paix en Côte d’Ivoire.
Le ministre d’Etat Kobenan Kouassi Adjoumani : Un témoignage fort d’unité nationale
L’honneur et l’émotion étaient palpables dans les propos du ministre d’État, Kobenan Kouassi Adjoumani, lorsqu’il a pris la parole. « Je suis honoré et fier d’avoir été choisi… C’est un choix qui me parle personnellement », a-t-il déclaré, soulignant la portée symbolique de son invitation en tant que chrétien catholique à un événement musulman de premier plan. C’est pourquoi, il y a vu une « preuve supplémentaire que l’islam est une religion de paix », une religion qui « prône la solidarité agissante, la fraternité et la cohésion sociale ». De plus, il a illustré cette valeur de partage propre à l’islam en évoquant les repas offerts aux non-musulmans pendant le ramadan, un geste de fraternité concret.

Face à l’assemblée, le ministre a salué avec force la démarche du COSIM, particulièrement pertinente en « contexte préélectoral marqué par des agitations en tout genre ». En formant les imams, ces « mains qui en charge l’éducation spirituelle des populations », la communauté musulmane affiche, selon lui, sa détermination à « contenir la menace » et à « préserver la paix en Côte d’Ivoire« . Il a exhorté finalement les participants à persévérer comme « artisans de paix », « rempart contre l’intolérance et le désordre », et a prié, sans relâche, pour la stabilité du pays et son développement, rendant aussi hommage au président Alassane Ouattara comme garant de cette paix.
Cheikh Diakité : Vigilance, éducation et prière pour la paix en Côte d’Ivoire

Le président du COSIM, Cheikh Ousmane Diakité, a délivré un message dense et structuré en six points, centrés sur la préservation de la paix en Côte d’Ivoire :
- Appel à la fraternité et à la cohésion : Il a lancé un appel vibrant à tous les Ivoiriens, et particulièrement à la communauté musulmane, pour renforcer la fraternité, la cohésion et la paix. Il a rappelé que la stabilité de la Côte d’Ivoire bénéficie bien au-delà de ses frontières, nourrissant des familles dans toute l’Afrique de l’Ouest. « Quand Dieu vous a donné une vocation comme cela… pensez aussi à tous ceux qui bénéficient de votre stabilité », a-t-il plaidé. Il a salué aussi l’organisation efficace de la recherche de la lune du ramadan à Bondoukou, un « facteur de consolidation de l’unité ».
- Sécurité et vigilance contre les Dérives : Face à la menace terroriste qui exploite l’islam comme couverture, Cheikh Diakité a appelé à une vigilance accrue, surtout dans les régions frontalières comme le Zanzan. « Nous ne sommes pas nouveaux dans l’islam… L’islam a plus de mille ans ici », a-t-il rappelé, rejetant les interprétations extrêmes et étrangères. Il a mis en garde contre l’accueil sans discernement des prédicateurs étrangers et l’importance pour les imams de contrôler qui accède à la chaire de leurs mosquées. « Vous ne devez pas permettre qu’on vienne mettre à mal votre travail et le travail de vos ancêtres », a-t-il insisté. Chaque Ivoirien doit se comporter comme un « promoteur » mais aussi un « gardien » actif de la paix et de la sécurité.
- L’éducation, pilier de l’avenir et de la paix en Côte d’Ivoire : Soulignant la richesse des sciences islamiques dans le Zanzan, Cheikh Diakité a défendu la complémentarité entre l’enseignement traditionnel (médersa) et le système éducatif national. Il a rendu un hommage appuyé au président Ouattara pour avoir, en 2011, ouvert la voie à l’intégration du programme national dans les écoles islamiques, une demande vieille de près de 40 ans. « C’est la chose la plus importante (qu’il ait faite pour notre communauté)… Il a ouvert la porte de la science», a-t-il déclaré, encourageant vivement toutes les médersas à intégrer ce programme pour offrir les mêmes chances aux enfants musulmans et éviter leur marginalisation, contribuant ainsi durablement à la paix en Côte d’Ivoire par l’éducation.
- Sauvegarde du patrimoine islamique : Le président du COSIM a alerté sur l’urgence de préserver les milliers de manuscrits islamiques anciens, trésors écrits en arabe ou en langues africaines transcrites en caractères arabes, couvrant des domaines aussi variés que la religion, l’histoire ou les sciences. Un projet pilote de sauvegarde et de numérisation, en partenariat avec le ministère de la Culture et l’Université Virtuelle de Côte d’Ivoire, est lancé dans le Zanzan pour protéger cette « partie importante de la mémoire collective » du pays.
- Appel à une participation massive et éclairée aux élections 2025 : Point décisif en vue du scrutin, Cheikh Diakité a appelé les imams et tous les citoyens, surtout musulmans, à participer massivement au vote. « Tout ce qui concerne la Côte d’Ivoire, les musulmans ne doivent pas rester les derniers », a-t-il affirmé, réfutant l’idée que le vote serait non-islamique. Il les a exhorté à faire « le bon choix pour vous-même, pour la Côte d’Ivoire », en votant en conscience et sans oublier les actions passées, qu’elles soient positives ou négatives (« Quand il est content, il oublie. Quand il est fâché, il oublie »).
- Des prières de bénédiction contre la haine : Enfin, contrastant avec les appels à la malédiction entendus ailleurs, Cheikh Diakité a annoncé l’organisation de séances de prières collectives de bénédiction pour la Côte d’Ivoire, ses habitants, et pour éloigner les troubles (« fitna »). « Nous comptons sur vous… pour que Dieu fasse que les élections se passent dans les meilleures conditions… sans effusion de sang », a-t-il conclu sur cet aspect spirituel essentiel à la paix en Côte d’Ivoire.

Bondoukou, épicentre d’un message universel de paix en Côte d’Ivoire
La présence d’autres figures éminentes, comme El Hadj Ismaël Timité, Grand Imam de Bondoukou, et le soutien actif des autres confessions religieuses et des autorités locales (préfectorales, universitaires, régionales), ont conféré à ce séminaire une dimension profondément inclusive et nationale. Les contributions financières significatives, citées par Cheikh Diakité (allant de centaines de milliers à des millions de FCFA), démontrent l’engagement concret de tous les acteurs pour la réussite de cette initiative vitale pour la paix en Côte d’Ivoire. Le ministre Adjoumani lui-même y a participé généreusement.
Ce séminaire des imams du Zanzan dépasse ainsi largement le cadre régional. Il constitue un modèle et un signal fort pour l’ensemble du pays. Il démontre que la paix en Côte d’Ivoire se construit par le dialogue interreligieux, l’éducation, la préservation du patrimoine culturel commun, la vigilance citoyenne, la participation responsable aux processus démocratiques, et la prière sincère pour la concorde nationale. Alors que la Côte d’Ivoire s’achemine vers une échéance électorale majeure, les messages de responsabilité, de discernement et d’unité portés à Bondoukou résonnent comme une feuille de route essentielle pour traverser cette période en préservant le bien le plus précieux : la paix.

Vigilance contre l’extrémisme : les recommandations du COSIM pour la paix en Côte d’Ivoire
Le séminaire des imams du Zanzan à Bondoukou restera comme un jalon significatif dans la quête permanente de stabilité et d’harmonie en Côte d’Ivoire. Les discours engagés du ministre Kobenan Kouassi Adjoumani et du président du COSIM Cheikh Ousmane Diakité, bien que venant d’horizons confessionnels différents, ont harmonieusement convergé vers le même impératif : préserver et renforcer la paix en Côte d’Ivoire.
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Entre appels à la vigilance contre l’extrémisme, plaidoyers pour une éducation inclusive, sauvegarde du patrimoine, encouragement à une participation citoyenne éclairée et prières pour la nation, cet événement a offert une boussole précieuse. Alors que l’horizon 2025 se profile, l’engagement renouvelé des leaders religieux et la solidarité interconfessionnelle exprimée à Bondoukou sont des raisons d’espérer qu’ensemble, les Ivoiriens sauront écrire un nouveau chapitre de paix en Côte d’Ivoire.
Alfred Zeus





