La douleur est palpable à Zohoa, petit village de la sous-préfecture de Guibéroua. Lundi 7 juillet, une tragédie a une nouvelle fois frappé la communauté : Séri Joël, pasteur respecté, a perdu la vie en traversant le pont dangereux reliant Zohoa à Bobame, seul accès vers Saïoua. Une chute dans le cours d’eau tumultueux situé en contrebas lui a été fatale.
Face à ce drame qui endeuille une famille et tout un village, la ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la lutte contre la pauvreté, Mme Belmonde Dogo, s’est rendue sur place ce jeudi 17 juillet. Son objectif : apporter la compassion du gouvernement et le réconfort aux proches du défunt.
Un pont dangereux : chronique de drames annoncés
Accompagnée du sous-préfet de Dignago (assurant l’intérim pour Guibéroua), la ministre a essuyé les larmes d’une communauté en deuil. Après s’être recueillie auprès du chef du village, elle s’est rendue au domicile de la famille Séri Joël. La veuve, entourée de ses six enfants et des membres de la famille, a exprimé sa reconnaissance pour ce geste de solidarité nationale.
Nous sommes émus par la visite de la ministre. Elle est venue pour nous dire yako (courage). C’est un geste à saluer.
Franck Gossé, un proche de la famille
Malheureusement, ce drame n’est pas isolé. Nago Yobo, secrétaire général de la mutuelle du village, a livré un témoignage glaçant : « Le pasteur est la 7e victime qui perd la vie sous ce pont dangereux dans les mêmes circonstances. » Ce constat accablant souligne l’extrême dangerosité de cette infrastructure vétuste et totalement inadaptée.
L’appel désespéré de Zohoa pour en finir avec ce pont dangereux
Devant la ministre, Nago Yobo a lancé un cri du cœur, traduisant l’urgence absolue : « Pendant combien de temps allons-nous pleurer nos morts ? Nous demandons de l’aide pour la reconstruction du pont. Les villageois ne peuvent pas le faire avec leurs maigres moyens. Il faut que l’Etat fasse quelque chose pour le village. » Il a insisté sur le risque permanent : « Tant que le pont dangereux n’est pas refait, on sera toujours confronté à ce genre de risque. »
La sécurité des habitants de Zohoa et des villages alentour est gravement compromise par l’état de cet ouvrage. La reconstruction n’est plus une simple demande, mais une nécessité vitale pour empêcher de nouveaux drames.
L’espoir d’une action face au pont dangereux de Guibéroua
La ministre Belmonde Dogo a écouté attentivement la doléance exprimée avec force par la communauté de Zohoa, situé à 12 kilomètres de la commune de Guibéroua. Elle a assuré avoir pris « bonne note » de cette demande pressante et s’est engagée à la porter auprès « des autorités compétentes ».
La visite de la ministre aura au moins permis de mettre un coup de projecteur national sur la situation critique de ce pont dangereux à Guibéroua. Les habitants de Zohoa espèrent désormais que cette attention se traduira rapidement par des actes concrets. La reconstruction de ce pont défectueux est devenue synonyme d’espoir et de survie pour toute une région. L’inaction n’est plus une option face à cette chronique mortelle. A lire aussi : Bondoukou : Un festival pour la jeune fille à Torossanguéhi, vecteur d’engagement et d’espoir.
Franck Singa





